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Visiter les musées via internet

Posté le 02/03/2020

 

Aller voir des expositions ou se rendre sur des lieux touristiques très fréquentés… ce n’est pas vraiment recommandé en ce moment ! Alors pourquoi pas effectuer ces visites de façon virtuelle à partir de chez soi.  Les expositions gratuites accessibles sur internet étant de plus en plus nombreuses et de bon niveau le choix devient relativement large. Parmi les plus notables, « A walk into a street art », « Les chats » ou encore « Humour, arme de diffusion massive » sont le fruit d’un travail de plusieurs années mené par l’Universal Museum of Art (UMA). Les voyages artistiques proposés par Google Arts & Culture tout autour du monde comme la visite virtuelle du Château de Versailles, la balade dans les rues de Baltimore aux Etats Unis ou encore l’exposition virtuelle consacrée à Bruegel, présentent pour leur part l’intérêt d’être très diversifiés. Voici donc un petit panorama de ces accrochages virtuels qui empruntent la voie des écrans…

L’idée de départ est toujours un peu la même : démocratiser l’art en le rendant accessible gratuitement via internet. Permettant de naviguer d’une œuvre à l’autre via l’écran d’une tablette, d’un smartphone ou d’un ordinateur, les expositions virtuelles des musées sont thématisées, scénarisées et documentées, comme toute autre exposition traditionnelle. Organisées à partir de la numérisation d’œuvres d’art de plus en plus nombreuses, leur domaine est immense puisqu’il n’est plus nécessaire de déplacer physiquement les objets pour les exposer. Mais du simple catalogue en ligne au parcours de graffs dans une ville reconstruite en réalité virtuelle, ces expositions sont très différentes les unes des autres. Difficile donc de les classer ou même simplement de les lister. Il est possible toutefois de le différencier selon deux critères : leur origine (muséale ou non) et les outils informatiques qu’elles utilisent (qualité des interfaces logicielles, accessibilité de la documentation, fonctions ludiques annexes…). 

 

L’art dans le monde. S’appuyant sur une base d’œuvres numérisées immense, Google Arts & Culture offre sur son site web et via son application pour Apple ou Androïd la possibilité d’afficher les tableaux des grands maîtres de la peinture les plus connus en haute définition, d’entrer virtuellement dans les plus grands musées du monde comme la National Gallery de Londres, de visiter des lieux mythiques comme le Château de Versailles ou les Pyramides d’Egypte ou encore le Colisée à Rome. Côté peinture, on peut retrouver des milliers d’œuvres d’art en les recherchant par artistes, par années, par mouvement artistique (art moderne, impressionnisme, réalisme, symbolisme, tonalisme...), par supports (peinture à l’huile, eau forte, aquarelle, dessin, sculpture, crayon…) et même par couleur (voir la photo ci-dessous). 

 

 

capture d’écran d’une sélection de graffitis trouvés sur Google Arts & Culture dans la section « Art Urbain » selon un critère de couleur (bleu turquoise en l’occurrence). Un clic sur une œuvre donne accès à sa documentation, dont bien sûr, le nom de l’artiste, la date et le lieu de création, la dimension.... (Voir ici).

 

 

 

 

L’art en réalité virtuelle. Pour continuer sur l’art urbain, citons « A Walk Into Street Art », proposée depuis 2018 par l’Universal Museum of Art (UMA). Collaborant avec les institutions culturelles et les musées les plus connus au monde, les responsables de cette exposition virtuelle ont demandé à Yannick Boesso, directeur de Urban Art Fair, de sélectionner les œuvres de street art les plus intéressantes. Pari gagné : les visiteuses et visiteurs découvrent les différents graffs comme s’ils étaient toujours sur leur support d’origine (voir ici). Murs, façades d’immeubles, portes de garages et autres wagons ont été en effet recréés dans cette ville virtuelle bâtie pour accueillir les œuvres de Banksy, JR, Obey, Jef Aérosol, Ernest Pignon...

 

 

Capture d’écran de l’exposition « A Walk Into Street Art » présentée par l’Universal Museum of Art sur son site web : cette ville virtuelle a été entièrement créée afin de placer les œuvres de street art sur leurs supports d’origines, murs, façades d’immeubles ou wagons (voir ici).

 

 

 

 

 

Les neuf expositions actuellement visibles gratuitement via internet à partir du site web de l’Universal Museum of Art sont présentées sur la première ligne de cette page web, tandis que les six prochaines expositions à venir sont indiquées sur la dernière ligne (voir ici). 

 

 

 

 

 

Zoom sur les chats.  Parmi les neuf expositions présentées par l’UMA, « Les chats dans l’histoire de l’art » illustre bien le mode de fonctionnement de ce musée virtuel. Née d’une collaboration avec la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais (RMN-GP), l’idée à la base de cette exposition est d’observer et d’interpréter les places physiques et sociétales occupées tout au long des siècles par les chats dans les œuvres d’artistes célèbres. Réunissant quelques 75 œuvres (de l’Egypte antique à aujourd’hui) appartenant à différents musées nationaux et internationaux, cette exposition accompagne la présentation de toutes ces œuvres d’un texte qui les situe à la fois dans leur propre contexte historique et dans la scénographie d’ensemble de l’exposition, à savoir l’évolution de la représentation du chat dans l’histoire de l’art… Exemples :

 

Caliari Paolo, dit Véronèse : « Les Noces de Cana », 1563, huile sur toile, 666 x 900 cm. Paris, musée du Louvre. © ADAGP / Hervé Lewandowski. 

Peintre vénitien de la Renaissance, il forme avec le Titien et le Tintoret « le triumvirat des plus célèbres peintres de cette époque. Véronèse est le maître des couleurs et des trompe-l’œil (…) » Où est le chat ? Au premier plan de cette immense toile qui est l’une des plus grandes de l’histoire de la peinture. « Le chat se contorsionne au sol, absorbé dans sa propre danse alors qu’il se fait les griffes sur une amphore d’argent (…) Sur l’amphore à laquelle s’attaque le chat, est gravé un satyre, symbole de l’ivresse et de l’infidélité (…) Encore une fois, le chat est du côté du vice… » (voir ici l’intégralité du commentaire).

 

 

Suzanne Valadon « Portrait de miss Lily Walton », 1922, huile sur toile, 100 x 81 cm. Limoges, musée des Beaux-Arts. © RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle. 

D’abord modèle pour des peintres comme Renoir ou Toulouse-Lautrec, Suzanne Valadon (1865-1938) a été acrobate de cirque avant de devenir artiste peintre : « Cette parfaite scène d’intérieur de classe moyenne est illuminée par les iris dorés de Raminou, le chat de la famille, qui regarde directement le spectateur » (voir ici l’intégralité du commentaire). Les portraits de ce « chat câlin » qui apparaît sur la scène artistique à partir du XVIIIe siècle, en particulier en Angleterre, se multiplient à la fin du XIXe siècle.

 

 

 

L’UMA et Google Arts & Culture, ne sont pas bien sûr les seuls à proposer des expositions virtuelles à partir des œuvres muséales. D’autres établissements mettent également à disposition sur internet certaines de leurs œuvres, de leurs documentations, de leurs scénographies… Voir par exemple l’exposition du Metropolitan Museum of Art de New York sur le peintre allemand Anselm Kiefer. Cette alliance entre l’art et le numérique montre, une fois de plus, que réel et virtuel ne sont pas contradictoires. Bien au contraire ! A condition toutefois de travailler pour faire en sorte qu’ils s’enrichissent mutuellement.

  

Andrée Muller

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