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« Petit Poilu » : la BD qui se raconte

Posté le 23/03/2020

 

C’est l’histoire d’un petit bonhomme qui part le matin de chez lui pour se rendre à l’école et va, en cours de route, vivre une aventure extraordinaire avant de retourner chez lui à la fin de la journée. Disponible en version numérique, « Petit Poilu » est une BD sans texte « lisible » par les enfants qui ne savent pas encore lire. Mais elle convient bien aussi aux parents qui ont envie de partager un monde imaginaire avec leurs enfants. Présentation…

 

Il est petit et poilu et va vivre une nouvelle aventure dans chacun des 23 tomes que compte aujourd’hui la série de BD « Petit Poilu »  publiée par les éditions Dupuis depuis sa création. Inventée et scénarisée par Céline Fraipont, bruxelloise née en 1974 et fleuriste de formation, cette série est dessinée par son compagnon Pierre Bailly, graphiste et élève de l'Institut Saint-Luc de Bruxelles qui compte parmi ses anciens de célèbres noms de la bande dessinée comme Frankin ou Jidéhem. Tout commence d’abord par l’envie de trouver un livre pour leur petite fille qui ne sait pas encore lire. N’en trouvant pas, Céline Fraipont décide de s’atteler à la tâche. Ainsi nait l’idée d’une BD qui raconte une histoire, avec un vrai scénario, une morale, un début et une fin… mais sans texte. Après l’inévitable galop d’essais, le premier titre de la série, « La Sirène Gourmande » voit le jour en 2007. Démarre alors une succession d’aventures à la fois toujours nouvelles et toujours semblables. 

 

Une trame à l’identique. Le scénario de chaque album est en effet structuré toujours de la même façon : une première page consacrée au rituel du lever et du départ à l’école, des pages du milieu qui amènent dans un monde imaginaire chaque fois différent d’une histoire à l’autre, et enfin une page de fin sur le retour à la maison et le rituel du coucher. Outre le côté répétitif qui sécurise les enfants, cette scénarisation permet de ne pas mettre en opposition besoin d’aventure et amour des parents. 

 

 

Un réveil qui sonne, un oiseau, la lumière du jour… la mise en scène du réveil apparait toujours dans les deux premières cases de la page d’ouverture. S’enchainent ensuite sur cette première page, toilette, petit déjeuner, préparation du cartable et bisou maternel. L’aventure ne commencera que sur le chemin de l’école…

 

 

 

 

C’est sur le chemin de l’école que s’ouvre le passage vers un autre monde. Que ce soit dans un potager merveilleux ou une autre planète, Petit Poilu rencontre dans ces mondes parallèles différents personnages, le plus souvent sympathiques mais parfois aussi un peu effrayants, avec lesquels il va nouer des relations d’entraide. Au milieu de l’histoire en effet, pris d’un coup de cafard, il veut retourner chez lui et retrouver ses parents. Sortant une photo de sa maman de son sac d’écolier, il reprend courage et trouve la solution qui va le ramener sur le chemin de la maison. 

 

 

 

 

Faisant le chemin inverse du matin, il arrive chez lui, retrouve ses parents et se couche après le rituel du repas du soir. Une fois dans son lit, il regarde avec tendresse la photo ou l’objet que lui a offert en souvenir un personnage du monde imaginaire avec lequel il a vécu une histoire aussi fantastique… Ce souvenir symbolise le lien entre son voyage imaginaire et le monde réel.

 

 

 

 

Une histoire sans texte. Le premier avantage de cette série de BD est que les enfants qui ne savent pas encore lire peuvent découvrir des histoires tout seuls. Mais les parents peuvent aussi les raconter afin de partager un moment de complicité avec leurs enfants. Cette absence de texte libère en effet l’imaginaire. C’est différent de raconter un livre que de lire un texte car les parents, ne pouvant pas s’appuyer sur des mots, sont obligés de faire entrer l’enfant dans l’imaginaire qu’eux-mêmes projettent sur les images. Ce qui est un moyen d’aborder des thèmes sociétaux de manière plus souple et plus ludique, la lecture d’un texte impliquant par définition une attitude plus figée. En contrepartie les adultes ne « liront » pas tous les images de la même façon, chacun les interprétant via sa propre sensibilité. Si cette multiplicité des lectures risque de désorienter les enfants qui accordent une grande importance à la ritualisation, elle gène aussi certains parents. D’où le petit résumé apparu en fin d’album sur le thème « Qu’arrive-t-il à Petit Poilu dans cette histoire »… Mais on n’est pas obligé de le lire… 

 

Des thèmes forts. La pollution, l’acceptation des différences, le genre… L’idée des créateurs de Petit Poilu est d’apporter dans chaque histoire un « petit message qui fait grandir d’un poil » et de faire ainsi « du chemin de l’école à l’école de la vie » la devise de l’ensemble de leurs albums. Il n’empêche, un « lecteur » adulte fan de Petit Poilu nous faisait remarquer que l’absence à l’école ne se pose jamais. Et on ne sait pas si, à son retour à la maison, Petit Poilu avoue à ses parents qu’aujourd’hui il n’est pas allé à l’école…

 

 

 

Dans cette histoire sur le genre, une savante folle veut prouver scientifiquement que les petites filles jouent à la poupée et les petits garçons au ballon... C’est le seul album dans lequel c’est le papa qui assure les rituels du lever et du coucher. Sinon, c’est toujours la maman…

 

 

 

 

 

Les 23 tomes de « Petit Poilu » sont disponibles en téléchargement sur les sites internet de la Fnac, d’Amazon ou encore du Furet.com. Dernier argument enfin en faveur de cette lecture sans texte : le premier tome de la série, « La sirène gourmande », est entièrement téléchargeable (gratuitement) sur le site officiel de Petit Poilu (voir ici). Bonne lecture !

 

Andrée Muller

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