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En direct de l'espace

Posté le 12/03/2018

 

Dévoiler quelques secrets sur nos origines, voyager dans le temps et toucher, au sens propre du terme, ces messagers de l’espace que sont les météorites. Telle est l’ambition de l’exposition « Météorites, entre ciel et terre » du Muséum National d’Histoire Naturelle. Pari réussi ! Des quelques centaines de « vraies » météorites exposées à la pierre de Lune et au morceau de Mars que l’on peut même toucher du bout des doigts, cette exposition nous transporte au cœur de l’univers. Petit tour d’horizon de ce monde fascinant des météorites, tout en mettant l’accent sur celles ayant connu une énième vie sur notre planète …

5 000 météorites de plus d’1 kg tombent chaque année sur Terre ! Ces pierres venues de l’espace comptent parmi les 20 000 tonnes de matière météoritiques qui entrent dans l’atmosphère terrestre chaque année et dont les plus grosses, celles qui mesurent plus d’un millimètre, sont à l’origine des étoiles filantes. A eux seuls, ces quelques chiffres laissent entrevoir toute la richesse de l’exposition du Muséum National d’Histoire Naturelle, « Météorites, entre ciel et terre » visible jusqu’au 10 juin prochain à la Grande Galerie de l’Evolution du Jardin des Plantes à Paris.

 

On y apprend par exemple que, tombée dans la petite ville d’Ensisheim proche de Colmar en 1492, la « pierre de tonnerre » intéressait déjà grandement à l’époque les savants et les artistes. On y apprend aussi que la météorite Allende tombée en 1969 au Mexique est l’une des plus étudiées au monde : elle a permis de déterminer l’âge du soleil, né il y a plus 4,567 milliards d’années... Outre rendre compte aussi bien de la réalité scientifique que de l’aspect artistique des météorites, l’un des principaux mérites de cette étonnante exposition est aussi à notre sens de ne pas ignorer leur composante « faits divers » en montrant que leur histoire ne s’achève pas forcément avec leur arrivée sur notre planète. Voici donc quelques exemples pris sur le vif au cours de notre visite de ces messagers de l’espace qui connaissent une énième vie sur la Terre :

 

 

Valera, tombée en 1972 au Venezuela : « Surnommée « le boucher du Vénézuéla », la météorite de Valera est tombée sur une vache. L’infortuné bovin a été retrouvé mort au petit matin par son propriétaire qui a pris la peine de faire authentifier ce décès insolite par un vétérinaire ».

 

 

 

 

 

 

 

 Météorite de Caille trouvée en 1828 en France : « La météorite de Caille a été découverte par un berger au 17e siècle. D’abord utilisée comme enclume, elle sert ensuite de banc devant l’église du village. En 1829, le Museum la fait transporter à Paris, offrant en échange une horloge aux villageois. Avec ses 626 kg, il s’agit de la plus grosse météorite française ».

 

 

 

 

 

 

Gibeon, trouvée en 1836 en Namibie : « La météorite de Gibeon est un fragment de noyau d’astéroïde différencié, mis à nu lors de gigantesque collision pendant les premiers millions d’années du système solaire. Durant des siècles, des peuples d’Afrique australe ont utilisé le fer de cette météorite pour façonner flèches et outils ».

 

 

 

 

 

 

Coupe-papier en fer météoritique : « Ce coupe papier a été forgé avec le fer de la météorite Canyon Diablo à la fin du XXe siècle. Pendant des siècles, les amérindiens ont vénéré et aussi utilisé cette météorite, qui a creusé Meteor Crater, pour fabriquer des armes et des bijoux ».

 

 

 

 

 

 

 

Zacatecas, trouvée en 1969 au Mexique : « Avant que sa nature extraterrestre n’ait été reconnue en 1969, la météorite de Zacatecas a été utilisée comme enclume pendant des décennies. On peut voir sur ce spécimen, des traces de martelage. Malheureusement, ce n’est pas la seule météorite à avoir été maltraitée de la sorte ! »

 

 

 

 

 

Chevrolet Malibu rouge transpercée par une météorite le 9 octobre 1992 visible le temps de l’exposition à l’entrée de la Grande Galerie de l’Evolution. Après avoir survolé les Etats-Unis sur 800 km, une météorite a traversé le coffre arrière d’une Chevrolet Malibu en stationnement en touchant terre à Peekskill dans l’état de New York. Vue par des dizaines de témoins, la chute a été filmée par plusieurs caméras vidéos : « Après avoir voyagé dans l’espace à une vitesse cosmique de 8,8 miles par seconde (14 km/s), la vitesse de la météorite à l’impact avait ralenti à 164 miles par heure (264 km/h) (…) Michelle Knapp, dix-sept ans, propriétaire de la voiture, (…) venait d'acheter la voiture pour 300 $. Immédiatement après l'impact extraterrestre, elle a été vendue à Iris Lang, épouse du célèbre collectionneur et marchand de météorites Al Lang, pour 25 000 $ (…) » In Peekskill meteorite, Wikipedia.

 

  

 

Catalina 170 trouvée en 2007 au Chili : « Cette météorite de 2,8 kg est la plus grosse découverte au cours des expéditions de recherche de météorites organisées par le CEREGE et le Museum dans le désert d’Atacama. Ces recherches systématiques entreprises depuis presque dix ans ont permis la découverte de mille spécimens ».

 

 

 

 

 

A l’image de Catalina 170, rappelons enfin pour conclure que cette fabuleuse saga des pierres venues du ciel ne cesse de s’écrire au fil des ans. Chaque année en effet de nombreux scientifiques parcourent le monde pour trouver de nouvelles météorites, en particulier dans les zones désertiques où elles sont plus faciles à dénicher.

 

Andrée Muller

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