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Du correct au scandale : une question de tenue !

Posté le 02/01/2017

 

Quoi de mieux en cette première semaine de l’année que de présenter « Tenue correcte exigée » ? Cette superbe exposition sur les vêtements qui ont fait scandale au fil des siècles est visible au Musée des Arts décoratifs de Paris jusqu’en avril 2017. Petit tour d’horizon de cette mode qui dérange…

L’une des impressions les plus étonnantes qui ressort à la visite de l'exposition est d’abord le caractère historique de cette mode subversive. Des vestes faites de haillons du 18e siècle pour symboliser la révolution française de 1789 aux jeans troués en réaction à la sur-consommation du 21e siècle en passant par la robe de mariée vichy (rose et non blanche) de Brigitte Bardot dans les années 1950, cette mode qui veut choquer puise son inspiration dans les croyances et les réalités de son temps. Mais au-delà des spécificités propres à chaque époque, le fil rouge du questionnement créatif de la mode est toujours un peu le même : où mettre le curseur entre respect et négation des règles de l’art ? Jusqu’où aller dans la provocation ? Où situer la rupture ?... Une autre constante se retrouve par ailleurs dans ce cheminement : la puissance subversive des questions de genre.

 

Pour homme ou pour femme ? En matière de mode, cette question n’est pas nouvelle. L’inversion des genres vestimentaires fait naître le scandale de façon récurrente depuis bien longtemps en effet. Mais au-delà du fait d’habiller les femmes avec des vêtement réservés aux hommes ou inversement, c’est davantage l’échange des codes sociaux entre hommes et femmes qui fait scandale plutôt que l’habit lui même. Des exemples ? Les premiers costumes de chasse avec pantalon donnaient la possibilité aux femmes de ne plus monter à cheval en amazone (les deux jambes d’un même coté de la selle) mais à califourchon comme les hommes, c’est à dire en ayant la possibilité de contrôler soi même son cheval... Quant au défilé de prêt-à-porter homme de Rick Owens (collection « Sphinx » automne-hiver 2015-2016), c’est surtout l’intimité dévoilée des modèles masculins qui a interpellé ! Si depuis le bikini et la mini jupe, déshabiller le corps féminin ne choque plus grand monde en effet sur les podiums, il n’en est pas de même pour les hommes.

 

Enfin dans un registre différent, un autre intérêt - et non des moindres - de cette exposition est son accessibilité, en particulier auprès des enfants. Présentés par centres d’intérêt, les vêtements exposés sont regroupés dans des vitrines soit par chronologie soit par thème, la capuche ou les robes de mariée au fil des siècles par exemple. Et surtout sur chacune de ces vitrines, les commentaires sont tout à la fois informatifs, synthétiques et écrits de façon très simple ! Pas besoin de traduction…

 

Andrée Muller