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Des expositions virtuelles à découvrir

Posté le 17/12/2019

 

Visiter des expositions à partir de chez soi, sans se déplacer… presqu’un luxe actuellement ! Alors profitons de ces temps de grève pour visiter les expositions virtuelles : « A walk into a street art », « Les chats » ou encore « Léonard de Vinci » du Universal Museum of Art (UMA) sont de fabuleux voyages artistiques.  Il en est de même des balades proposées par Google Arts & Culture tout autour du monde comme la visite virtuelle du Château de Versailles ou celle du Colisée. Voici donc un petit panorama de ces accrochages virtuels qui empruntent la voie de nos écrans…

 

L’idée de départ est toujours un peu la même : démocratiser l’art en le rendant accessible gratuitement via internet. Permettant de naviguer d’une œuvre à l’autre via l’écran d’une tablette, d’un smartphone ou d’un ordinateur, les expositions virtuelles sont thématisées, scénarisées et documentées, comme toute autre exposition artistique. Organisées à partir de la numérisation d’œuvres d’art de plus en plus nombreuses, leur domaine est immense puisqu’il n’est plus nécessaire de déplacer physiquement les objets pour les exposer. Mais du simple catalogue en ligne au parcours de graffs dans une ville reconstruite en réalité virtuelle, ces expositions sont très différentes les unes des autres. Difficile donc de les classer ou même simplement de les lister. Elles se différencient à la fois par leur nature et leurs origines - créées par l’Universal Museum of Art (UMA) ou Google Arts & Culture par exemple -, mais aussi (et surtout ?) par les outils informatiques qu’elles utilisent. Facilités de navigation offertes par leur interface logicielle, possibilités de zoomer plus ou moins sur les œuvres, accessibilité et richesse de leur documentation, applications ludiques annexes… les innovations s’enchaînent en permanence. 

 

L’art dans le monde. S’appuyant sur une base d’œuvres numérisées immense, Google Arts & Culture offre sur son site web et via son application pour Apple ou Androïd la possibilité d’afficher les tableaux des grands maîtres de la peinture les plus connues en haute définition, d’entrer virtuellement dans les plus grands musées du monde comme la National Gallery de Londres, de visiter des lieux mythiques comme le Château de Versailles ou les Pyramides d’Egypte ou encore le Colisée à Rome. Côté peinture, on peut retrouver des milliers d’œuvres d’art en les recherchant par artistes, par années, par mouvement artistique (art moderne, impressionnisme, réalisme, symbolisme, tonalisme...), par supports (peinture à l’huile, eau forte, aquarelle, dessin, sculpture, crayon…) et même par couleur (voir la photo ci-dessous). L’application du célèbre moteur de recherche offre même depuis peu la possibilité de rechercher son sosie parmi les portraits réalisés par les peintres les plus célèbres. Il suffit de se photographier et le logiciel de reconnaissance d’images fait remonter les portraits de grands maîtres les plus ressemblant au selfie ! Ca marche, on peut même faire des grimaces pour voir si les portraits trouvés changent. Amusant…

 

 

Capture d’écran d’une sélection de graffitis trouvés sur Google Arts & Culture dans la section « Art Urbain » selon un critère de couleur. Un clic sur une œuvre donne accès à sa documentation, dont bien sûr, le nom de l’artiste, la date et le lieu de création, la dimension.... Voir ici.

 

 

 

 

 

L’art en réalité virtuelle. Pour continuer sur l’art urbain, citons « A Walk Into Street Art », proposée depuis 2018 par l’UMA. Collaborant avec les institutions culturelles et les musées les plus connus au monde, les responsables de cette exposition virtuelle ont demandé à Yannick Boesso, directeur de Urban Art Fair, de sélectionner les œuvres de street art les plus intéressantes. Pari gagné : les visiteuses et visiteurs découvrent les différents graffs comme s’ils étaient toujours sur leur support d’origine. Murs, façades d’immeubles, portes de garages et autres wagons ont été en effet recréés dans cette ville virtuelle bâtie pour accueillir les œuvres de Banksy, JR, Obey, Jef Aérosol, Ernest Pignon...

 

 

Capture d’écran de l’exposition « A Walk Into Street Art » présentée par l’Universal Museum of Art sur son site web : cette ville virtuelle a été entièrement créée afin de placer les œuvres de street art sur leurs supports d’origines, murs, façades d’immeubles ou wagons.

 

 

 

 

 

 

 

Ces huit expositions peuvent être visitées gratuitement via internet à partir du site web du musée en réalité virtuelle, Universal Museum of Art (voir ici pour en savoir plus).

 

 

 

 

 

 

Zoom sur les chats.  Parmi les huit expositions virtuelles présentées par l’UMA, « Les chats dans l’histoire de l’art »illustre bien son mode de fonctionnement. Née d’une collaboration avec la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais (RMN-GP), l’idée à la base de cette exposition est d’observer et d’interpréter les places physiques et sociétales occupées tout au long des siècles par les chats dans les œuvres des artistes célèbres. Elle réunit quelques 75 œuvres (de l’Egypte antique à aujourd’hui) appartenant à différents musées nationaux et internationaux. Et comme dans toute exposition muséale classique, ces œuvres sont présentées avec un texte les situant à la fois dans leur propre contexte historique et dans la scénographie de l’exposition, à savoir l’évolution de la représentation du chat dans l’histoire de l’art… Exemples :

 

Caliari Paolo, dit Véronèse : « Les Noces de Cana », 1563, huile sur toile, 666 x 900 cm. Paris, musée du Louvre. © ADAGP / Hervé Lewandowski. 

Peintre vénitien de la Renaissance, il forme avec le Titien et le Tintoret « le triumvirat des plus célèbres peintres de cette époque. Véronèse est le maître des couleurs et des trompe-l’œil (…) » Où est le chat ? Au premier plan de cette immense toile qui est l’une des plus grandes de l’histoire de la peinture. « Le chat se contorsionne au sol, absorbé dans sa propre danse alors qu’il se fait les griffes sur une amphore d’argent (…) Sur l’amphore à laquelle s’attaque le chat, est gravé un satyre, symbole de l’ivresse et de l’infidélité (…) Encore une fois, le chat est du côté du vice… » (voir ici l’intégralité du commentaire).

 

 

 

Suzanne Valadon « Portrait de miss Lily Walton », 1922, huile sur toile, 100 x 81 cm. Limoges, musée des Beaux-Arts. © RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle. 

D’abord modèle pour des peintres comme Renoir ou Toulouse-Lautrec, Suzanne Valadon (1865-1938) a été acrobate de cirque avant de devenir artiste peintre : « Cette parfaite scène d’intérieur de classe moyenne est illuminée par les iris dorés de Raminou, le chat de la famille, qui regarde directement le spectateur » (voir ici l’intégralité du commentaire). Les portraits de ce « chat câlin » qui apparaît sur la scène artistique à partir du XVIIIe siècle, en particulier en Angleterre, se multiplient à la fin du XIXe siècle.

 

 

 

L’UMA et Google Arts & Culture, ne sont pas bien sûr les seules organisations à proposer des expositions virtuelles. On peut en trouver aussi sur les sites web d’institution culturelles comme la Bibliothèque nationale de France (BnF), voir par exemple « Rouge – des costumes de scène vus par Christian Lacroix ». Les grands musées internationaux mettent également à disposition sur internet certaines de leurs scénographies, voir ici celle du Metropolitan Museum of Art de New York sur le peintre allemand Anselm Kiefer. Une fois de plus, cette alliance entre l’art et le numérique montre que réel et virtuel ne sont pas contradictoires. Bien au contraire, à condition de travailler pour faire en sorte qu’ils s’enrichissent mutuellement.

 

Andrée Muller

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