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Thierry Pinto, photographe de l’instant

Posté le 18/11/2014

 

Pas de recadrage, pas de retouche : argentique ou numérique, Thierry Pinto met toute sa sensibilité de photographe dans la prise de vue.

Il s’intéresse à la photo depuis 40 ans et à la création depuis toujours. Il adhère depuis 5 ans au Photoclub de Paris Val de Bièvre. Et c’est ainsi qu’à 65 ans, après avoir arrêté son métier de dentiste, il monte son propre studio et entreprend d’exposer son travail. Si ses dernières expositions donnent vie à de somptueux paysages en argentique noir et blanc, Thierry Pinto reste néanmoins un passionné de street photography : « Saisir les gens dans la rue, c’est toujours mon truc ! » D’un côté le numérique pour la rue et le studio, de l’autre l’argentique pour les paysages. Les techniques sont différentes mais la « patte » reste la même : mettre toute sa sensibilité d’artiste dans la prise de vue. Tel est le pari de Thierry Pinto.

 

Comme un pêcheur à la ligne. A la mer, à la montagne ou en ville, où se trouvent les « bons » sujets ? « Je fonctionne beaucoup au bouche à oreille, précise-t-il. On m’a dit que tel endroit était bien, alors je vais voir. Je fais des voyages, pas forcément très loin ». S’engagent alors de vrais safaris : lever aux aurores pour attraper le soleil au saut du lit, repérage des lieux sur des cartes, des guides… « Comme par ailleurs, j’ai fait beaucoup de bateau, cela m’aide à trouver les « bons » endroits, ajoute Thierry Pinto. Cet été en Bretagne par exemple, j’attendais, le bon jour (qu’il fasse beau !), que le soleil se lève… comme un pêcheur à la ligne qui attend le bon moment, au bon endroit, pour lancer l’hameçon ».

 

Pas de mitraillage. Le but n’est pas de prendre le maximum de photos d’un bel endroit. Au contraire ! « Pour moi, le jeu consiste à conserver toute son importance à la prise de vue. Cela, je m’oblige à prendre mon temps, à mettre mon appareil photo sur pied, à bien cadrer ». Et c’est ainsi que la justesse du regard devient une obligation, qu’elle se transforme en exigence artistique : « Je m’oblige à ne faire aucune retouche de cadrage au développement ». L’objectif ? Traduire au plus juste l’émotion du moment.

 

Priorité à l’argentique. Cet engagement à ne pas faire de retouches va de pair avec la préférence marquée de Thierry Pinto pour l’argentique : « Avec cette technique, je traite tout moi même. Elle demande de la rigueur, mais je la comprends mieux que le numérique. Toucher, façonner les tirages… je pense aussi que j’aime bien la sensualité de l’argentique ».

 

Alors, pourquoi le numérique ? « Au départ, c’était pour faire des photos professionnelles (bouches, dents, iconographie des dossiers,…). Puis, ayant peur que la photo argentique ne disparaisse, j’ai pris les devants en m’initiant au numérique, afin de continuer à pouvoir faire de la photo ». Mais comment ne pas se perdre s’il faut se reconvertir au numérique ? C’est donc pour rester fidèle à lui même que Thierry Pinto applique au numérique son principe de « non retouche ». Le plus souvent possible, même pour ses reportages de rue, il n’enlève ni n’ajoute rien à ses photos. Et lorsqu’il photographie la ville, les manifestations ou simplement les gens (voir ici), il laisse, là aussi, parler l’émotion du moment !

 

Andrée Muller

 

 

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