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Nada Matta : peintre de la douceur

Posté le 03/06/2019

 

Artiste née à Beyrouth en 1968 et diplômée de l’ATEP Paris (Arts et Techniques d’Environnement Publicitaire), Nada Matta vit et travaille au Liban et en France. Ni atelier, ni besoin de s’isoler : dans la maison qu’elle occupe avec ses sept enfants sur les collines du Mont Liban, c’est au contraire sur l’immense table de la salle à manger qu’elle peint et dessine tandis que d’autres font leurs devoirs. Ses œuvres aux couleurs à la fois fortes et légères évoquent la pureté et la complexité de la petite enfance et de la nature. Ses dessins ne sont que douceur et harmonie, mais c’est de la guerre que lui est venu le besoin de créer, la force de devenir l’artiste qu’elle est à présent.

Nada Matta expose en France et au Liban dans les salons d’art contemporain. Egalement vendues par l’intermédiaire de galeries comme Mission Art ou  392RMEIL393, ses œuvres bénéficient aujourd’hui d’un succès grandissant. Voici trois questions pour mieux connaître cette artiste à la notoriété montante :

 

Comment vous est venue l'idée de créer, de faire le métier d’artiste ? 

 « J’ai toujours aimé créerJ’ai grandi au Liban, et la guerre qui a commencé lorsque j’avais six ans, a duré tout au long de mon enfance et de mon adolescenceComme nous étions souvent coincés à la maison, je passais mon temps à dessiner, bricoler, tricoter. Je me créais un monde d’enfance que j’aurais aimé vivre, je m’évadais dans la créationEt je n’ai pas arrêté. Après un tournant dans ma vie, j’ai repris le dessin de manière intensive. Puis, comme j‘ai une fille atteinte de trisomie 21, j’ai eu envie de partager la joie et l’enrichissement qu’elle m’a apporté malgré des débuts terribles après sa naissance. J’ai donc réalisé un album illustré qui parle de la différence en général. Ce livre édité chez MeMo a reçu le prix « Sorcières 2017 ». Cela m’a donné beaucoup d’assurance. Je me suis alors lancée dans le dessin. Puis les expositions se sont enchaînées ». 

 

Lorsque vous abordez une nouvelle réalisation, démarrez-vous par quelque chose de flou ou, au contraire, partez-vous d'une idée bien précise ?

« Oui je démarre par une idée précise. Mais comme je travaille à l’encre de Chine, en soufflant parfois dessus, je suis également attentive à la tournure que prend le dessin, les contrastes, les éventuelles taches. Avec l’encre c’est comme dans la vie, je ne peux pas revenir en arrière. Je ne peux qu’essayer de réorienter mon dessin vers mon idée principale. Mais cela m’amuse de laisser faire le hasard ».

 

Comment trouvez-vous vos idées ? Et, surtout, de quelles façons parvenez-vous à les exprimer de façon aussi forte dans vos dessins ?

« Je travaille avec l’encre de Chine noire et beaucoup, beaucoup, d’eau.Pour les couleurs, j’utilise de l’encre acrylique.Outre mon souffle, j’emploie aussi de pinceaux et parfois un calame (ndlr : tige de roseau ou de bambou taillée en biseau utilisée par les calligraphes depuis l’Antiquité).Sinon au cours de mes randonnée, à la maison ou encore à la mer, je fais des photos qui m’inspirent par la suite.Je réalise mes dessins souvent par série, en fonction d’un thème précis. Mais il m’arrive aussi de passer d’un thème à l’autre, d’autant que tous mes dessins expriment la pureté et l’ingéniosité de la nature et de la petite enfance. Je peins les instants simples et magiques de notre quotidien ». 

 

Propos recueillis par Andrée Muller

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