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Marie-Laure Drillet, peintre de la narration

Posté le 18/01/2016

 

Elle raconte des moments d’amour ou de désamour, mais ne se défait pas de son humour : Marie-Laure Drillet n’a pas peur de s’exprimer. Elle associe photos et peinture pour raconter des tranches de vies. Impertinents, drôles et teintés d’autodérision, ses tableaux valent bien un arrêt sur image…

Marie Laure Drillet donne vie à de sympathiques personnages placés dans des situations amoureuses parfois banales parfois originales, mais toujours plaisantes. Cette ancienne élève de l’école des beaux-arts de Nantes originaire de la petite île de Saint Pierre et Miquelon, assume pleinement sa condition d’artiste : séparée de son époux, la garde alternée de ses deux enfants (un garçon de 10 ans et une fille de 13 ans) ne l’empêche pas d’organiser régulièrement depuis près de dix ans une exposition personnelle à thème tous les un à deux ans : « Avec celle de l’année dernière, Les gourmandes, mon sujet était plutôt érotique », précise-t-elle.

 

De son atelier Bordelais, Marie-Laure Drillet gère en effet sa vie d’artiste comme d’autres conduisent leur carrière professionnelle. Elle planifie son emploi du temps sur le long terme, étaye en permanence son projet professionnel, reste à l’écoute des opportunités... Le résultat ? Une première exposition personnelle sur le thème Quand je serai grande en 2007 (elle a commencé à peindre en 1998). Ses toiles représentaient une petite fille se projetant dans l’avenir.

 

Des histoires un peu coquines. En 2010, sa deuxième exposition personnelle est sur le thème Si Doux Mensonges. Puis vient en 2012 Faire durer l'amour, ensuite Ma famille extraordinaire. Et enfin en 2015 Les Gourmandes: « J’essaie de trouver des endroits gratuits, explique-t-elle. L‘exposition Les gourmandes s’est tenue d’abord au théâtre de Libourne ».

 

Comment « produire » ce type de succession thématique d’une trentaine de toiles à chaque fois ? « Je crée des œuvres très narratives, explique Marie-Laure Drillet. Ce sont des tableaux dans lesquels les personnages dialoguent ». Le but ? Sortir des stéréotypes et des clichés pour raconter des histoires de femmes. « Ce sont des histoires d’amour toujours bienveillantes et humoristiques, mais aussi un peu coquines », ajoute-t-elle.

 

Actuellement visible à la Cox Gallery de Bordeaux Les Gourmandes occupent une place à part dans cette galerie consacrée au street art : « Mes toiles sont installées à l’entrée de la galerie dans une caravane incrustée dans le mur, explique Marie-Laure Drillet. C’est comme un tableau sauf que lorsque l’on ouvre la porte, on entre dans mon univers. Il n’y a presque pas de lumière. Ce ne sont donc que les gens curieux qui vont les voir ! »

 

Photos et acrylique. Sa technique d’artiste ? « J’utilise la peinture acrylique et je fais des collages, dit-elle. Mais je m’aperçois qu’au fil du temps, je donne de plus en plus d’importance à la peinture ».

 

Pour démarrer, elle crée d’abord l’exposition dans sa tête. Pour cela, elle se donne un délai de réflexion de trois mois afin de bien affiner son thème : « Je me dis, qu’est-ce que je vais faire ? Je réfléchis sur les titres de mes tableaux et travaille comme au bureau, avec des heures de bureau ».

 

Au cours de cette phase d’incubation, elle feuillette des magazines, cherche des visuels. Ce n’est qu’au moment où elle a trouvé les titres de ses tableaux, déniché la salle d’exposition et fixé la date du vernissage qu’elle entreprend son travail d’artiste plasticienne proprement dit : « Je ne commence à toucher mes toiles que lorsque je sais combien il me faudra en accrocher ».

 

Si elle attaque sa série de tableaux avec des idées très précises, elle réalise en revanche en parallèle des fonds aux formes très floues, proches de l’abstrait. Elle colle ensuite ces fonds et les photos sélectionnées sur une toile. Puis repeint par dessus : « Je multiplie les détails sur les fonds et ne réalise ces derniers qu’au fur et à mesure, explique-t-elle. Je me suis rendue compte en effet que si dans une journée j’en fais trois d’un coup, ils se ressemblent trop ».

 

Le fil rouge de la vie. Vues dans leur ensemble, ces différentes expositions personnelles plus ou moins autobiographiques forment une suite thématique. « C’est d’ailleurs ce qui intrigue parfois les gens, avoue Marie-Laure Drillet. Ils se demandent, est-elle comme cela dans la vie ? » Certains tableaux représentent des femmes jalouses, tandis que d’autres comme ceux de la série Si doux mensonges par exemple, donnent vie à des personnages plus volages : « Il n’y a jamais de perdants ni de gagnants dans mes représentations, poursuit Marie-Laure Drillet. On a tous des chagrins d’amour. Mais aussi, ne fait-on pas tous à un moment ou l’autre souffrir des gens ? » Il n’empêche, les toiles de la série Faire durer l’amour ne font pas forcément rire tout le monde. Tandis qu’un tableau comme Après minuit je préfère le noir, suscite parfois des regards un peu bizarres à l’encontre de son auteur... Preuve quelque part du talent d’artiste de Marie-Laure qui parvient à faire partager toute une gamme d’émotions à travers ses toiles !

 

Andrée Muller

 

 

 

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