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Geneviève Penloup, magicienne des couleurs

Posté le 08/04/2014

 

Sa muse est la forêt, le lichen plus exactement. Ses dessins et ses couleurs nous entraînent dans l’imaginaire. Du naturel à l’irréel : ainsi pourrait-on résumer le travail de Geneviève Penloup. Présentation.

Mariée, deux enfants de 19 et 16 ans, Geneviève Penloup a d’abord travaillé dans le monde de la BD et du dessin animé : « En fac d’Arts Plastiques, en préparant le Capes je me suis rendue compte que je ne voulais pas être professeur, je voulais peindre, la couleur était mon domaine, dit-elle. Simultanément, j’ai eu la chance de rencontrer une amie qui connaissait de jeunes dessinateurs de BD sur Paris ». Et c’est ainsi que Geneviève Penloup prend conscience de l’existence des métiers de coloriste en BD et de décoratrice en couleur de dessin animé.

 

Travailler pour soi. Elle « sautera le pas » en 2006, lorsqu’elle décide de reprendre ses pinceaux délaissés au profit de Photoshop, devenu très envahissant. Même si, souligne-t-elle, « je garde un pied dans le dessin animé. Car pour l’instant, je ne vis pas de ma peinture ». Sur ses toiles, elle crée des forêts fantasmagoriques peuplées d’êtres imaginaires. « J’ai la chance d’habiter une région où les forêts sont magnifiques (Livradois Forez en Auvergne - NDLR). Les altitudes variées créent des milieux très différents. On a l’impression parfois d’être dans une forêt équatoriale, ailleurs ».

 

Pour donner vie à ses univers Geneviève Penloup utilise la peinture acrylique. Elle part non pas d’une toile blanche, mais d’une toile enrichie de masses colorées de trois à cinq couleurs : « Les couleurs sont pour moi un jeu, précise-t-elle. A partir d’une couleur donnée, les associations sont nombreuses. C’est une affaire d’harmonie et d’équilibre dans des teintes qui se répondent, se côtoient, se juxtaposent, s’enrichissent, se fondent sur le tableau ».

 

Comment naît une toile ? « Je prends mes crayons de couleur et je dessine sur la toile ce que me dicte mon imagination », explique-t-elle. Cette histoire commencée aux crayons se poursuit à la peinture et aux pinceaux : « C’est alors un peu une bagarre, souligne-t-elle. Car c’est avec la couleur que je mets de l’ordre dans cet univers, bien chaotique à ses débuts ».

 

De fait, lorsqu’elle prend le pinceau, le processus de création est engagé bien sûr, mais il est loin d’être achevé. Geneviève Penloup se laisse en effet la possibilité de s’en échapper si des choses ne lui plaisent pas, tout en veillant à l’unité de la composition. Car, pour elle, réaliser un tableau est un travail où l’ensemble se monte petit à petit : « Si je modifie ou enrichis un endroit, je dois poursuivre l’évolution partout pour le bon équilibre du tableau », explique-t-elle. La toile reçoit ainsi cinq, six… sept passages de couleurs sous forme de glacis. Le résultat ? « Il faut au moins une semaine pour réaliser une toile au format 8 Paysage ».

 

Créer à l’instinct. En revanche, pas d’hésitation pour savoir si la toile est achevée : « Lorsque l’on est au bout de ce que l’on veut dire, on sait que c’est terminé. On sait que l’on a tout donné ». Revers de la médaille : le regard des autres n’est supporté que lorsque l’on a, soi-même, le sentiment d’un aboutissement. « Je ne cache pas mon travail en cours de création, mais tant que le tableau n’est pas terminé… il n’est pas terminé. »

 

Et en conséquence, la durée d’aboutissement (une semaine environ) n’est vraiment qu’une moyenne : « Dans les moments bienheureux, tout se passe tout de suite, et dans le bon sens, précise-t-elle. Ce sont des moments géniaux appréciés pour tous les moments de travail où l’on cherche, où l’on tâtonne ». Comment provoquer ces états de grâce ? « Je n’ai jamais trouvé de relations avec d’autres évènements, répond-elle. Je ne sais donc pas comment ces états apparaissent ».

 

A quel prix ? Dès lors la question vient d’elle même : comment fixer un prix à ce travail de création très personnel ? « C’est très difficile », avoue Geneviève Penloup. Néanmoins, dans la perspective d’en vivre, il faut vendre. Mais à quel prix lorsque l’on n’est pas encore un artiste côté ? Une première possibilité consiste à calculer le nombre d’heures de travail passées. Mauvaise piste : « Cela ne m’a pas satisfaisait, admet Geneviève Penloup. D’autant que je me suis retrouvée avec des toiles un peu chères à mon avis ». C’est ensuite, en discutant avec des acteurs du milieu de l’art, qu’elle décide de fixer ses prix en fonction du format du tableau : « J’ai trouvé cette façon de faire plus juste », précise-t-elle. Bon choix ! Coups de cœur ou coups de foudre, du collectionneur de 35 ans au jeune garçon de 13 ans, l’univers créé par Geneviève Penloup séduit de plus en plus de monde. En tout cas, il ne laisse pas neutre : « Récemment, un acheteur est venu me remercier »...

 

Andrée Muller

 

 

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