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Florence Jacquet : portrait d’une artiste peintre libre

Posté le 18/07/2016

 

« J’aime bien être libre ! » Cette citation définit à elle seule l’identité d’artiste de Florence Jacquet : liberté des techniques qu’elle mixe sans scrupule, liberté des couleurs, liberté de peindre des portraits de femmes qui semblent à chaque fois vivre leurs propres histoires, liberté de vendre elle même ses toiles hors du diktat des galeristes… Zoom sur une artiste qui a créé un style, un univers, et un cheminement bien à elle.

Cette diplômée de l’Ecole Supérieure d’Arts Appliqués de Poitiers et communication visuelle, de décoration Paris, peintre en décors, de Make Up For Ever Paris s’intéresse à la création depuis toujours. Outre les nombreuses disciplines artistiques auxquelles elle s’est essayée tout au long de son cursus (dessin, peinture, sculpture), elle s’est également passionnée pour l’architecture et l’histoire : « J’ai découvert beaucoup de choses, même si cela ne se reflète pas toujours dans mon travail, dit-elle. Mais la chose qui m’a le plus influencée est ma rencontre, à l’âge de 10 ans, avec le peintre Émile Mangiapan. Il m’avait accepté dans son cours pour adultes ! » Dès sa formation achevée, Florence Jacquet (ici sur Art Cotation) démarrera son métier d’artiste, au seuil des années 2000.

 

Aujourd’hui, des fresques sur enduits au livre d’art « Grobert s’amuse » en passant par la peinture en trompe l’œil et les portraits sur toile, les créations de Florence Jacquet sont multiples. Et pourtant, création, réalisation, commercialisation, communication… elle fait toujours tout elle même. Ce qui lui vaut tout de même, entre son site et les réseaux sociaux, de passer près 50% de son temps sur le net pour présenter son travail ! Prix moyen d’une toile de Florence Jacquet : entre 2000 et 2500 €. Les ventes se font généralement en direct, à l’atelier ou sur des salons, comme Art Shopping par exemple au printemps dernier à Paris. Son site web, ArtsFlorence (Alias Florence Jacquet) servant surtout à se faire connaître.

 

Un processus de création qui commence par… l’écrit. « Les portraits de femme que je présentais à Art Shopping en juin dernier sont caractéristiques de mon travail actuel où j’essaie de jouer avec les visages », annonce-t-elle d’emblée.

 

Mais comment naissent ces portraits à la présence étonnante ? « J’essaie d’abord de trouver une histoire à raconter, explique Florence Jacquet. Et c’est seulement lorsque j’ai inventé cette histoire que je peux créer une nouvelle série de toiles ». C’est sans doute la raison pour laquelle ses toiles marchent généralement par série de dix, et que Florence Jacquet prend plus de notes écrites qu’elle ne réalise de croquis !

 

« Toutes ces notes écrites m’aident à bien cerner ce que je veux dire, à formaliser ce que je veux faire, souligne-t-elle. Après, bien sûr, je fais le tri et démarre un gros travail de visualisation. Ce dernier me demande un véritable effort d’introspection par lequel je tente de visualiser tout ce qui est dans ma tête ». Ce travail de concrétisation de la pensée par l’image est long : il dure généralement entre trois semaines et un mois ! Mais c’est au cours de ce processus que naissent, les unes après les autres, les différentes toiles d’une série.

 

 

Différencier création et réalisation. C’est l’un des aspects les plus originaux de la démarche créative de Florence Jacquet : elle ne commence à peindre, c’est à dire à se saisir réellement de ses pinceaux, qu’une fois l’étape de création proprement dite décrite ci-dessus achevée. En revanche, lorsqu’elle se met à peindre, elle ne s’accorde plus de coupure : « Quand je commence une toile, je la termine. Puis j’en fais une autre ». Et ainsi de suite, jusqu’à l’épuisement de l’histoire.

 

Ce qui explique un rythme de travail relativement rapide : « Je mets en moyenne deux jours pour réaliser une toile, dit-elle. Je faits quelques coupures pour prendre du recul, mais je peux facilement travailler sur une toile quinze heures d’affilées, sans m’arrêter jusqu’à ce qu’elle me convienne. En revanche, je ne reviens jamais sur une toile terminée et n’apporte des retouches que très rarement ». Un travail qui s’effectue dans l’intimité : « Je n’aime pas montrer ce que je fais lorsque je travaille. De toute façon, je ne peux pas peindre si on me pose des questions »…

 

 

Du noir et blanc à la couleur. Gouache et huile autrefois, acrylique puis pastel et encre aujourd’hui : Florence Jacquet a fait évoluer sa façon de peindre, tout en restant fidèle à son principe de mixage des techniques. « Je finis généralement mes portraits au pastel, précise-t-elle, en ajoutant des traits à certains endroits ».

 

Admiratrice d’Enki Bilal pour le mélange des techniques, de Francis Bacon pour sa façon de peindre avec les mains et de Van Gogh pour son travail sur la matière, Florence Jacquet ose de plus en plus jouer avec les couleurs brutes : « J’avais commencé par le noir et blanc, explique-t-elle, avec en parallèle, du lavis (tempera) pour tout ce qui était décoratif. J’ai arrêté car mon travail devenait trop sombre ». Elle passe alors à la couleur, d’abord mélangée puis de plus en plus brute. « Mais en surveillant que cela ne devienne pas vulgaire », conclut Florence Jacquet.

 

Andrée Muller

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