La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

Arnaud Durand : un touche-à-tout de génie

Posté le 17/05/2015

 

 

S’il existe le gène du créateur, Arnaud Durand le possède certainement. Son point fort ? Associer art et technique, savoir faire et envies. De la confection de cartes postales en bois, à la composition musicale en passant par la fabrication d’amplis portatifs, tout est matière à projet pour lui. Profil d’un artiste entrepreneur.

Rien ne l’effraie, excepté peut-être le manque de temps pour mener à bien tous ses projets. Ce ne sont pas en effet les idées qui manquent à Arnaud Durand. Il a d’abord été imprimeur en région parisienne, steward, compositeur de musique de films, guitariste au sein du groupe « Colder »… Ce professionnel des industries graphiques (école des Gobelins à Paris) décide, à quarante ans, de s’installer dans le Sud de la France, à St Guilhem-le-désert, pour lancer une activité de fabrication de cartes postales en bois.

 

Artisanat et création. Une bonne vingtaine de dessins, un site web (Micropanorama) pour présenter les créations… et c’est parti : « J’ai démarré cette activité en 2012, précise-t-il. Je me suis moi-même formé à cette technique ».  Un concept inventé ? « Non, il y a 30 ans mon oncle fabriquait déjà des cartes postales en bois, en Bretagne, poursuit Arnaud Durand. Et comme par ailleurs j’aime autant les activités commerciales qu’artistiques, je me suis dit, pourquoi pas moi ? ».

 

Paysages, fleurs, plantes, arbres de la région… C’est à partir de photos prises dans les environs qu’Arnaud Durand et sa compagne, Audrey Verdusen, dessinent les motifs des cartes postales et autres « produits bois » (marques pages, cartes de visite, cartes à colorier,…). Ces dessins sont réalisés à l’encre de chine sur des feuilles A4, en relativement grand format. Ils seront ensuite scannés, photographiés, gravés...

 

Un travail technique. Ce travail de sérigraphie s’effectue sur la base de traits très fins. Le principe ? Une toile aux mailles fines est recouverte d’une couche photosensible. Le dessin est scanné, puis imprimé sur des transparents avec l’ordinateur. Ensuite, une fois ce transparent placé sur la couche photosensible, l’ensemble est flashé. Tout ce qui est à l’air libre, et donc « cuit » par la lumière, va boucher les mailles. Tandis que tout ce qui est protégé par les traits du dessin va rester perméable.

 

Une fois toutes ces opérations effectuées, il ne reste plus qu’à retirer l’encre en excédent avec une raclette en caoutchouc. Seuls les sillons du dessin restent alors encrés. La plaque de bois ainsi imprimée contenant six cartes postales, la dernière finition consiste à découper les cartes au cutter, à la main. « Ensuite je les passe à la lime, précise Arnaud Durand. J’ai une petite perte dans cette opération, mais c’est surtout au niveau de l’impression que les problèmes peuvent survenir ». Tout est réalisé avec des encres à l’eau, sur du bois aux normes Pefc (certifié forêt autogérée).

 

Pourquoi St Guilhem-le-désert ? « J’étais sur Paris avant. J’en ai eu marre. Je venais ici en vacances. Cela fait maintenant sept ans que je suis dans la région, répond Arnaud Durand. J’ai bien sûr en projet de diversifier mes dessins en couvrant d’autres régions. L’idéal serait de faire des dessins dans différents lieux touristiques de France. L’année prochaine j’essaierai d’aller un peu plus loin… »

 

La vente directe, la bonne formule. « Je place mes produits en dépôt vente dans des magasins, raconte Arnaud Durand. Je les place aussi à la « Maison du grand site » à Aniane, à la Grotte de Clamouse et à Saint-Guilhem-le-désert dans des tabacs, des campings,… ». Mais quand un commerçant demande une marge de 50%, difficile d’accepter. A 4 euros la carte postale en prix de vente client, il faut pouvoir couvrir ses frais et rémunérer son travail ! « Je vends aussi mes créations via le site alittlemarket.com (NDLR : galerie commerciale virtuelle spécialisée dans la vente de produits fait-main), poursuit-il. Mais pour me trouver, il faut chercher « carte postale en bois », ce qui est un peu pénalisant. En fait, c’est surtout la vente directe qui est intéressante pour moi. Je vends bien en particulier au marché du mercredi de Clermont l’’Hérault pendant la saison touristique ».

 

La raison ? « Les gens ont des craintes vis à vis des cartes postales en bois, explique Arnaud Durand. Ils ont peur soit qu’elles cassent, soit de se les faire voler. C’est pourquoi sur les marchés je vends bien. Je suis là pour expliquer, pour rassurer. Je n’ai jamais eu aucun retour négatif par rapport à ces craintes. Mes cartes fonctionnent bien, même pour des envois postaux à l’étranger ».

 

Des idées plein la tête. Arnaud Durand ne laisse pas tomber pour autant la musique. Au contraire : « J’intègre actuellement des formations musicales, dit-il. Je travaille beaucoup sur les ambiances, parfois en collaboration avec des poètes ». Passionné de vidéos artistiques, il en compose les musiques. Dans le domaine des arts plastiques, il gère également son association, MicroKosme. Et depuis un mois, il fabrique aussi des amplis (voir le blog Dude Ampli). Précisons aussi qu’Arnaud Durand est également salarié dans le magasin de jouets « Le bois des papillons » de Saint-Guilhem-le-désert... Des risques de burnout ? Pas du tout. Pour Arnaud Durand, la multi-activité semble plutôt un booster de créativité : « Je dis oui à tout, confie-t-il. Du coup, à des moments, je bloque. Mais j’aime bien multiplier les métiers. C’est compliqué, mais je ne veux rien lâcher. C’est voulu : après mes études, pendant sept ans, chaque jour ouvrable de la semaine, je suis arrivé au travail toujours à la même heure, j’en suis reparti encore et toujours à la même heure »

 

Andrée Muller