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Antoine Arnaud, artiste de la spontanéité

Posté le 21/04/2020

 

Sollicitation du hasard, recherche de l’incontrôlable, défense de la spontanéité… Ainsi pourrait-on définir la personnalité d’artiste d’Antoine Arnaud. Originaire de Penne d’Agenais dans le Lot et Garonne, il y tient avec son frère le bar restaurant qui lui sert d’atelier en hiver. Avec un travail qu’il place volontairement loin des canons académiques, il cherche en permanence à exprimer sa sensibilité en dehors des apparences et des stéréotypes. Présentation.

 

Antoine Arnaud crée ses tableaux en hiver pour les exposer en été dans sa galerie située à proximité du restaurant qu’il gère avec son frère au cœur du village de Penne d’Agenais dans le Lot et Garonne. Et c’est ainsi que de ses deux passions, la photo et le dessin, il a fait son métier. Par chance, dit-il modestement : « Après l’école des beaux-arts de Toulouse, je cherchais un contrat d’alternance et je savais qu’un habitant du village dirigeait une école d’art, mais je ne savais pas laquelle. Je suis allé le voir et, à ma grande surprise, il m’a offert deux années d’études dans son école… qui était l’école réputée Maryse Eloy ». 

 

Ensuite tout s’enchaîne : graphiste en agence de communication dès la sortie de l’école, au Dragon Rouge à Paris en particulier, Antoine Arnaud s’aperçoit assez vite que ni le métier ni l’ambiance ne lui conviennent vraiment. Il s’installe alors en indépendant, réalise des affiches de films pendant une dizaine d’années puis revient au pays afin de pouvoir disposer d’espace à vivre et d’un atelier relativement grands. C’est en 2014 qu’il franchit réellement le pas : « J’ai fait le lancement de ma carrière artistique avec l’aide de la sculptrice animalière Florence Jacquesson dont j’apprécie beaucoup le travail », souligne Antoine Arnaud. De là naîtra son étonnant bestiaire…

 

Vache qui rit, chien qui pleure. Parmi les tableaux d’Antoine Arnaud, ce sont d’abord les animaux aux mimiques humaines dessinés sur de grandes feuilles de papier parsemées de tâches irrégulières qui attirent l’attention. De la vaches gaie et loufoque, au chien triste et sérieux en passant par la hargne du taureau, cette aventure du bestiaire a commencé de fait par un cadeau : « Un jour mon imprimeur m’a offert un stock de papier, raconte Antoine Arnaud. Après l’avoir épuisé, j’ai pensé que le papier d’emballage, pas trop onéreux, pouvait être une bonne solution de remplacement. Mais comme ce n’était pas du très bon papier j’ai eu l’idée de le valoriser en le faisant tremper dans une baignoire en zinc contenant un mélange d’essence et de pigments ». Et c’est ainsi que ce bain à l’essence et pigments est devenu l’une des marques de fabrique d’Antoine Arnaud : « J’essaie de dompter le hasard en favorisant la spontanéité, poursuit-il. Si par exemple une série de dessins est réalisée avec plus ou moins les mêmes traits et dans le même esprit, je ne maîtrise pas tout, et c’est bien… » Des pigmentations irrégulières du papier aux différences de dispersion des taches en passant par la diversité de leur forme et de leur intensité, le rendu du dessin sera toujours différent d’une œuvre à l’autre. « C’est cette incertitude que je trouve intéressante. C’est pourquoi je cherche en permanence à trouver le bon compromis entre laisser-aller et maîtris».

 

Le résultat ? Animaux, silhouettes, nus, portraits…  au fil des ans Antoine Arnaud multiplie les séries et les thèmes de ses créations, gagne en liberté d’action et étend sa notoriété. Ainsi l’an dernier au Penne d’Agenais, portraits d’un côté et bestiaire de l’autre, les deux séries étaient accrochées dans le même espace. « Je travaille rarement en vue d’une exposition précise, précise-t-il. Au contraire, je décide d’exposer seulement après avoir travaillé ». Il est vrai qu’Antoine Arnaud vend de plus en plus directement ses tableaux lui-même, en se servant en particulier des réseaux sociaux et des contacts de proximité. L’objectif ? S’offrir la possibilité de vivre du métier d’artiste, tout en continuant d’innover encore et toujours... « Je sais que c’est une grande chance de pouvoir vivre avec son travail d’artiste. Et qu’il faut faire des concessions. C’est pourquoi je me pose également la question de savoir ce qui plait. Au début je faisais des portraits un peu durs, à la Giacometti. Je ne les vendais pas… Les animaux en revanche, sont plus accessibles ».

 

Andrée Muller

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