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Anne Christine Wellenstein, peindre pour s’exprimer

Posté le 19/10/2015

 

Un vrai travail de recherche ! C’est ainsi qu’Anne Christine Wellenstein conçoit son métier d’artiste. La musique, la mer, la ville, les bois, la femme… elle peint ses toiles par séries afin d’aller jusqu’au bout de ses idées. Portrait d’une artiste à la curiosité insatiable.

 

C’est à la suite d’une année sabbatique prise il y a dix sept ans que cette architecte de formation mère de trois enfants (une fille de 15 ans et deux garçons de 12 et 8 ans) décide de devenir artiste peintre à plein temps : « On ne peut pas conserver deux métiers qui prennent du temps », avoue-t-elle. Installée aujourd’hui dans son atelier de Houilles en région parisienne, Anne Christine Wellenstein peint à la fois des toiles qu’elle expose elle même dans les salons d’art contemporain et des tableaux qu’elle vend par l’intermédiaire de « Carré d’artistes ». Réalisées par séries thématiques de dix à vingt pièces mélangeant grands et petits formats, ses peintures, toujours à l’huile, évoquent tour à tour le jazz, la ville, les paysages marins, la femme…

 

Une créatrice née. Enfant, elle dessine. Adolescente, elle est fascinée par les univers de la mode et de la peinture. Elle achète ses premiers livres d’art dès l’âge de 16 ans. Puis, voulant entrer à l'Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Versailles, elle entreprend des études d’architecture. Mais comme les cours lui plaisent bien, elle se laisse prendre au jeux et continue le cursus jusqu’au bout. Diplôme d’architecte en poche, elle reviendra cependant très vite à sa passion de toujours : la peinture ! C’est son moyen d’expression…

 

C’est en permanence qu’elle cherche en effet à exprimer quelque chose de nouveau à travers ses toiles. Elle ouvre de multiples portes. Avance à petits ou grands pas suivant les moments. Enrichit sa sensibilité d’artiste. Le résultat ? Des œuvres réalisées par série racontant des univers qui se succèdent.

 

Un véritable travail de recherche. Délimiter son champ d’investigation. Etayer ses hypothèses. Les expérimenter. Puis poursuivre jusqu’au bout sa quête en assemblant et désassemblant ses découvertes successives : Anne Christine Wellenstein possède une façon bien à elle de peindre. « Quand je travaille une toile ce n'est jamais de façon isolée, précise-t-elle. Je réalise au contraire des séries, en peignant plusieurs toiles en même temps sur le même thème. Imposé par la peinture à l'huile qui demande un certain temps de séchage, ce procédé me convient bien ».

 

Les thèmes abordés au cours de ces dernières années ? La tauromachie, les paysages de Charente-Maritime pour la mer et la marée basse, Paris pour son architecture, le Jazz car c’est la musique qu’elle aime, les femmes et leurs places dans la société... Anne Christine Wellenstein commence par défricher autour du thème choisi en réalisant des études sur des toiles de petits formats. Elle y jette ses premières pensées : « Je ne vais trouver le fil conducteur de ce que je veux dire qu’après avoir réalisé une dizaine ou même une quinzaine d'études de ce type ». Ce qui ne l’interdit pas de présenter dans les salons tous les petits formats qu’elle juge aboutis.

 

Comment passer ensuite au grand format ? « A priori je me laisse porter, poursuit Anne Christine Wellenstein. Je prends une étude que j'imagine bien en grand. Et je la transforme ». Et si l’impression de ne pas avoir tout dit sur le thème est toujours prégnante, le cycle de recherche repart : « Quand trois ou quatre études ont été reprises en grand format, il m’arrive de réaliser une grande toile en reprenant des bouts de différentes études ».

 

En principe tout ce travail de recherche se déroule en dehors des périodes d'exposition, car c'est une tâche de fond qui demande beaucoup de concentration, et surtout une immersion quasi totale dans le sujet. Le résultat ? « Après deux ou trois mois de ce travail je dispose en général d’une vingtaine de nouvelles pièces », précise Anne Christine Wellenstein.

 

Zoom. Un exemple ? La série « Attente(s) » réalisée de mars à juin 2015, visible ici sur son site, rubrique « peinture »/ « série 2015 ». Anne Christine Wellenstein a commencé par travailler le thème des « Femmes au bois » sur des petits formats. De là, sont nées trois grandes toiles : « Femme des bois » en bleu, « Innocence perdue » en vert, et « Attente » en très grand format (186 x 114).

 

Une ambiance végétale régne dans la première vague de ce travail. Ensuite la force se déplace. L’univers devient plus intimiste. Anne Christine Wellenstein s’intéresse aux ronds, aux « toiles-bulles » comme elle les appelle. Cela donne « Méditation », « Confession » et « Solitude ». Les tonalités sont bleues et les sujets sont isolés avec moins de référence végétale. Toutes ces pièces sont des études, en petit format. Les grands formats qui suivent restent assez proches des études : « Solitude » et « Méditation ». S’enchaine ensuite une nouvelle phase de recherche. Le but étant de créer de grandes toiles en prenant les idées d'autres petits formats. Le résultat ? « Cheminement » inspirée d’une étude du même nom, « Marche silencieuse » inspirée de « Envolée » et enfin « Elle s'immisce » inspirée de « Solitaire ».

 

L’inspiration, une vague. Partant de prix fixés au format (de 200 à 3000 euros selon les dimensions du tableau), Anne Christine Wellenstein reconnaît qu’il est difficile de chiffrer ainsi son travail, tant celui-ci est lié aux aléas de la création : « Si plusieurs toiles ont la même taille mais que je suis arrivée à en faire une plus vite que les autres, c’est elle qui sera achetée en premier ! » La raison ? Elle aura gagné en légèreté et en évidence. Et c'est pour cela - les acheteurs ne s’y trompent pas - qu’elle se vendra très vite. « Plus on reste sur la toile plus on la détruit, poursuit Anne Christine Wellenstein. Plus on cherche, plus on perd la transparence ». D’où l’importance de faire les choix d'orientation avant de démarrer. A l’inverse, les toiles qui se vendent plus difficilement se situent généralement au milieu de la série. « L'inspiration est comme une vague, avec un creux en son milieu », conclut Anne Christine Wellenstein.

 

Andrée Muller