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Du jouet pour enfant au hobby d’adulte

Posté le 21/02/2017

 

A ses origines destinées aux enfants et aux adolescents, les maquettes en plastique sont devenues au fil des ans un véritable hobby pour adultes. Avions, bateaux, blindés ou voitures, ses modèles réduits à construire et à peindre constituent un marché à part entière avec ses constructeurs spécialisés, ses clients et surtout ses passionnés. Le but ? Reproduire à plus petite échelle mais le plus fidèlement possible tel ou tel engin ayant réellement existé... Immersion dans ce monde où une bonne documentation est tout aussi importante qu’une bonne dose de patience. 

Destinées ni à rouler ni à voler, les maquettes en plastique ont pour seule contrainte de reproduire au plus près possible l’exemplaire réel. Ces maquettes se différencient en cela de tous les autres types de modèle réduit, bateaux en bois ou avions télécommandés. Elles sont nées après la deuxième guerre mondiale en Grande Bretagne et aux Etats Unis. Certains voient même leur origine dans les modèles réduits simplifiés qui, pendant la guerre, servaient à l’entraînement des pilotes pour reconnaître les avions ennemis qu’ils soient vus de face ou de dos, d’en dessous ou d’au-dessus. Relation de cause à effet ou simple convergence ? Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : les amateurs de maquettes en plastique sont aujourd’hui pour la plupart des fanatiques d’un domaine militaire. Cause ou conséquence ? Ce monde de la maquette plastique est essentiellement masculin…

 

Un fort tropisme militaire. Avions, bateaux ou blindés, il est certains aussi que ce type de modèle réduit reprend l’héritage des soldats de plomb des siècles passés. Les maquettes sont d’ailleurs très souvent présentées sous forme de diorama évoquant des scènes de guerre. « Il y a un tropisme qui pousse les fabricants de maquette à produire des avions qui vont au combat, des avions qui ont effectivement fait la guerre, souligne un maquettiste passionné d’aviation militaire. C’est par exemple les Mirage aux couleurs israéliennes »

 

Des normes anglo-saxonnes. L’enjeu étant de reproduire la réalité au plus près, la notion d’échelle est très importante. Un modèle réduit se définira d’abord en effet par sa taille en référence à celle du modèle réel. Ces règles de proportionnalité étant très normées, seules quelques échelles sont acceptées par le marché. Pour les maquettes d’avion par exemple, le leadership revient au 1/72e (un sixième de pouce pour un pied) suivie de près par le 1/48e (un quart de pouce pour un pied) puis par le 1/144e qui permet de reproduire de très gros avions, en particulier les avions civils. En quatrième position, le 1/32e tend à se développer par l’arrivée sur le marché de nouveaux constructeurs qui tirent les prix à la baisse. Dans ce monde de la maquette plastique qui a beaucoup évolué en une quarantaine d’années, l’équation entre la taille, la qualité et le prix est cependant restée toujours à peu près la même : plus une maquette est grande, plus il est possible de la détailler et plus elle est chère... A titre d’exemple, le prix d’une maquette d’avion varie aujourd’hui de 15 € pour un modèle au 1/72e à 100 € pour un modèle au 1/32e.

 

Au-delà de ces échelles incontournables, persistent aussi celles qui répondent à des spécificités précises. Le 1/24e par exemple se développe du fait de la baisse générale des prix des maquettes en plastique, même si elle reste relativement rare. L’échelle classique des maquettes militaires quant à elle, le 1/35e, se maintient. Même chose pour le 1/43e qui est l’échelle traditionnelle des petites voitures de collection (en particulier les Dinky Toy). Enfin, le 1/350e et même le 1/700e tiennent bon pour les bateaux, ces derniers étant généralement trop gros pour un appartement même s’ils sont 72 fois plus petit que l’original !

 

Des méthodes de construction de plus en plus élaborées. Une maquette plastique à monter s’achète dans une boite et se présente sous la forme de grappes de plastique auxquelles sont accrochées les différentes pièces à assembler. La première opération consiste donc à détacher les différents éléments de la maquette (ailes, fuselage, habitacle,…) de la grappe de plastique. Il faut ensuite peindre l’intérieur de tous ces éléments. Puis les assembler, les coller. Et même si à ce stade le modèle prend forme, il faut encore poncer pour enlever les excédents de colle, peindre ensuite l’extérieur de la maquette, réaliser le camouflage, ajouter les antennes, les cocardes, les insignes d’unité,…

 

 

 

 

 

Boites pas encore ouvertes, pièces de plastique injecté sur leurs grappes de moulage, feuillets de plans de montage, maquette en cours d’assemblage, planche de décalcomanie… Il faudra encore quelques bonnes heures pour arriver à des modèles réduits acceptables !

 

 

 

 

 

 

« Un maquettiste confirmé va peaufiner l’assemblage en ponçant méthodiquement chaque jonction de pièce afin de faire disparaître les joints, précise notre spécialiste. L’enjeu est de reproduire la réalité, autant du point de vue du détail que de l’exactitude historique ». Si jusqu’au milieu des années 1980 la réalisation de maquettes restait un loisir d’amateur qui cherchait à reproduire un modèle de façon à peu près correcte, elle s’est transformée ensuite peu à peu en activité artistique. Toute une catégorie de maquettistes réalisant de véritables œuvres d’art a ainsi vu le jour, en particulier avec l’utilisation de l’aérographe. L’enjeu est alors de donner à la maquette l’apparence la plus réelle possible en dessinant des salissures de boue sur les blindés, des traces d’huile autour des moteurs des avions, en différenciant les éléments du moteur par différentes couleurs de métal … Dès lors ces maquettes font l’objet d’expositions et de salons organisés par des associations locales de plus en plus nombreuses. Et ce même en France, parent pauvre du maquettisme qui n’a pas été en mesure de conserver son salon de la maquette…

 

La documentation, un véritable enjeu. « L’idéal est de retrouver des photos qui correspondent à l’avion précis que l’on veut reproduire, reprend notre passionné des avions militaires. Toute la question est de savoir comment était cet avion à telle époque précise ? Quelle décoration avait-il à ce moment-là ? » Dans cette phase de finition le maquettiste devient un véritable pinailleur… sauvé par internet : « Avant, il fallait trouver de la documentation dans les livres ou les revues spécialisés, anglais en quasi-totalité ». Le temps nécessaire pour achever une maquette ? « Un week-end pour assembler une maquette sans trop se poser de questions, un mois pour faire de cette maquette la reproduction d’un avion précis à un moment précis ». De la maquette très simplifiée des années 1960 à la maquette d’aujourd’hui, la qualité n’a cessé de croître, tant du point de vue de la précision de chacune des pièces que de leur nombre (jusqu’à 300 à 400 pour une seule grosse maquette) : « La maquette très détaillée des années 1960 paraîtrait bien pauvre aujourd’hui », précise notre spécialiste.

 

Autre avantage du web : les groupes de maquettistes (voir ici par exemple un groupe facebook particulièrement actif). Via les réseaux sociaux, le but de ces groupes est d’échanger des photos, des informations, de discuter entre passionnés,… Il existe aussi des groupes d’inconditionnels, comme celui formé autour de la marque française Heller (voir ici).

 

Les changements du marché. Les fabricants historiques de maquettes en plastique comme l’anglais Airfix ou l’américain Monogram ne sont plus aujourd’hui les leaders exclusifs du marché. Dans les années 1970 des fabricants japonais comme Hasegawa ou Tamiya sortaient déjà des produits de grande qualité. Des artisans apparaissent également dans un peu tous les pays. Sortant des séries courtes (short run), ils produisent des modèles inédits à l’image de Mach2 en France. D’autres se spécialisent sur le « détaillage », le tchèque Eduard par exemple.

 

Après l’arrivée des fabricants des pays de l’est sur le créneau, les chinois et les russes sont venus à leur tour bousculer le marché (voir ici la liste des principales marques sur Wikipedia). Produisant des maquettes de qualité en grande quantité et moins chères, ils ont sorti de nombreux modèles qui n’existaient pas jusqu’alors en maquette plastique. Ils ont ainsi considérablement élargi le nombre de produits disponibles.

 

Andrée Muller

 

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