La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

Vu à la Fiac 2018

Posté le 30/10/2018

 

Près de deux cent galeries d’art réunies au Grand Palais, une vingtaine d’œuvres installées dans le Jardin des Tuileries et une trentaine au Petit Palais : la Fiac (Foire Internationale d’Art Contemporain) s’est tenue à Paris du 18 au 21 octobre dernier. De cette 45e édition, nous avons retenu parmi d’autres, quatre tendances caractéristiques de la production artistique actuelle. Ce sont la réapparition du bois, la mixité des techniques, la peinture figurative et la composition de tableau par répétition de motifs de base. Petit aperçu de ces différentes tendances... 

Un tiers environ des galeries qui exposaient cette année sous la nef du Grand Palais (65 précisément) sont des galeries installées en France. Les deux tiers restant rassemblaient les galeries internationales régulièrement présentes dans les autres grands évènements artistiques européens tels Art Basel en Allemagne ou Frieze London en Angleterre. Les œuvres exposées au Grand Palais la semaine dernière dans le cadre de la Fiac 2018  reflètent donc les tendances de la production artistique contemporaine mondiale. Spécifiques ni d’une nation, ni d’un continent ni d’une culture, nous en avons relevé quatre : le retour du bois sur le devant de la scène, l’envol des peintures figuratives (et même narratives), l’utilisation de petits motifs redondants pour composer de grands tableaux et enfin la mixité des techniques. Présentation en images de ces quatre tendances artistiques du moment.

 

La prévalence du bois. Difficile de la manquer ! Installée à l’entrée de la nef l’installation de Katharina Grosse « Ingres Wood » dont l’impression de force qui en émane ne laisse pas indifférent, est formée de très gros troncs d’arbres peints à l’acrylique posés sur un large tissu reprenant les mêmes couleurs. Matériau de création en tant que tel, le bois se retrouve également dans les sculptures de l’artiste japonais Tadashi Kawamata, les portraits sculptés de Kader Attia ou les fruits de Vincent Olinet. Il est aussi un support pour Julian Opie.

 

 

 

Katharina Grosse : « Ingres Wood », 2,6 X 5,6 X 23,6 m, installation présentée par la galerie américaine Gagosian.

 

 

 

 

 

Kader Attia : sculptures présentées par la galerie allemande Nagel Draxler .

 

 

 

 

 

 

Tadashi Kawamata : « Gesekondu N°3 », 2016, 153 X 210 X 25 cm, bois de balsa et peinture acrylique sur contre-plaqué, sculpture présentée par la galerie anglaise Annely Juda Fine Art.

 

 

 

 

 

Vincent Olinet : « Salade de fruits », 2018, installation présentée par la galerie française Laurent Godin.

 

 

 

 

 

 

 

Julian Opie : « headphones », 2018, sérigraphie sur planche de bois peint, 97 X 51 cm, présenté par la galerie allemande Gerhardsen Gerner.

 

 

 

 

 

Le figuratif narratif. Envie de chroniquer l’actualité politique et sociale, de raconter une histoire ou de matérialiser des fantasmes, d’exprimer des craintes, écologiques en particulier ? Quelle qu’en soit la raison, la tendance est bel et bien là : les peintures figuratives (et narratives pour plusieurs d’entre elles), semblent bien cette année détrôner les tableaux abstraits. Ces peintures prennent même parfois des allures presque mystiques comme les toiles de l’artiste belge née en Iran, Sanam Khatibi, qui aborde dans son travail des questions de genre, de soumission, de domination... Qu’il s’agisse d’allégories artistiques, religieuses, sociétales ou de plus en plus fréquemment écologistes, l’humain y occupe souvent une place centrale.

 

 

Sanam Khatibi : « Huddled on the Edge of a Wilderness », 2018, huile sur toile et huile et crayon sur papier, 180 X 220 cm, présenté par la galerie belge Rodolphe Janssen.

 

 

 

 

Corentin Grossmann : « Land O Rama », 2018, crayon de couleur et aérographe sur papier graphite, 140 X 100 cm, présenté par la galerie française Art Concept .

 

 

 

 

 

 

Grayson Perry : « Battle of Britain », 2017, tapisserie, 302,7 X 701 cm, présentée par la galerie anglaise Victoria Miro.

 

 

 

 

 

Eric Fischl : « The Lesson (Mostly Forgotten) », 2018, huile sur toile, 228,6 X 198,1 cm, présentée par la galerie américaine Skarstedt.

 

 

 

 

 

L’effet petits motifs. De loin on ne voit qu’un portrait en grand, une forme humaine ou encore des scènes évoquant la grande faucheuse ou l’Afrique. De près, on aperçoit une multitude de petits motifs identiques qui, les uns à côté des autres, servent de matière au tableau. Utilisés comme du matériau brut de création, ces petits motifs sont juxtaposés, colorés, et agencés de façon à créer une vue d’ensemble qui les dépasse. Comme autant de touches de pinceau, ils servent à créer quelque chose qui peut être à leur image (en se rapprochant de la peinture fractale) ou au contraire quelque chose de différent, ou bien encore entre les deux. Ainsi, Thomas Bayrle utilise de minuscules têtes de mort pour créer ses grands tableaux évoquant la mort. Le photographe Joel Moens de Hase utilise quant à lui des petites photos de femme en bikini pour former ses portraits de comédiennes (notons que la galerie qui le représente n’est pas un exposant de la Fiac mais d’Art Elysées). Enfin l’artiste sénégalais Omar Ba habille pour sa part les visages de ses personnages de petites chaînes.

 

 

Thomas Bayrle : « Pieta », 2018, impression numérique et acrylique sur papier carton, 200 X 200 cm, présenté par la galerie suisse Mezzanin.

 

 

 

 

 

Joel Moens de Hase : « Finaly », 2018, photographie, 90 X 120 cm, visible à la galerie suisse Bel-Air Fine Art.

 

 

 

 

 

Omar Ba : « Same dream », 2018, acrylique, gouache, huile, crayon sur toile, 200 X 139 cm, tableau de l’exposition « Autopsie de nos consciences » consacrée à Omar Ba par la galerie Templon du 8 septembre au 27 octobre 2018.

                 

 

 

 

La mixité des techniques et des supports. Associer crayon, acrylique, huile, encre, pastel, photo, vidéo, mais aussi déchets de toutes natures… sur des supports en bois, papier, métal, plastique, plâtre, béton… les idées pour mélanger les techniques et les supports semblent ne pas connaître de limites. Ainsi parmi les très nombreuses œuvres dites de « techniques mixtes » on peut citer bien sûr celles d’artistes les plus connus comme le moulin de John Baldessari (ce professeur à l'Institut des Arts de Californie est l’un des pères du groupement « Picture Generation » dont font partie de nombreux artistes contemporains) ou le tableau de David Hockney « Inside It Opens Up As Well 2018 » réalisé à partir de photos et de peinture numérique montées sur dibond. Associant références historiques, religieuses et écologiques, les sculptures faites de déchets de plastique, de perles et de fil de l’artiste mexicain Raul de Nieves, associent quant à elles mixité des techniques et figuration.

 

 

John Baldessari : « Also », 2018, techniques mixtes,169,2 X 137,2 cm, tableau présenté à la Fiac par la galerie allemande Mai 36.

 

 

 

 

 

David Hockeney : « Inside It Opens Up As Well 2018 », photographie et dessin imprimé sur papier monté sur dibond, édition 15/25, 83 X 223 cm, présentée à la Fiac par la galerie anglaise Annely Juda Fine Art.

 

 

 

 

 

Raul de Nieves : « Siamese », 2018, perles, plastique, fil, carton et colle, 83,8 X 38,1 X 38,1 cm, sculptures murales présentées par la galerie américaine Freedman Fitzpatrick.

 

 

 

 

 

 

Dernière observation enfin pour conclure : il est de plus en plus difficile de séparer l’exposition Fiac proprement dite des autres évènements artistiques parisiens qui, outre les « hors murs » institutionnels se déroulent en même temps qu’elle comme Art Elysées qui rassemble une centaine de galeries sur les Champs Elysées aux portes du Grand Palais, Bienvenue qui invite une vingtaine de galeries à la Cité Internationale des Arts dans le quartier du Marais, Art Shopping au Carrousel du Louvre avec sa cinquantaine de galeries, ses mille artistes et ses quatre mille œuvres… et d’autres encore. Cette faculté d’entraînement est en soi un révélateur, elle aussi, du succès de la Foire Internationale d’Art Contemporain parisienne. 

 

Andrée Muller

Partager via un média social