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Voyage au cœur du dessin contemporain

Posté le 27/03/2018

 

Le salon Drawing Now Art Fair qui s’est tenu le week-end dernier au Carreau du Temple à Paris était l’occasion d’un fascinant voyage au cœur de ce domaine bien particulier que forme le dessin contemporain. Du figuratif à l’abstrait, de la couleur au noir et blanc, du support papier au métal, du fusain au posca… le salon offrait à voir toute une palette de techniques, de styles, d’imaginaires. Des artistes reconnus aux créateurs émergeants, voici donc un petit aperçu en images de la richesse des œuvres présentées par plus d’une soixantaine de galeries d’art venues de différents pays.

Les quelques 2000 dessins réunis à Paris pendant quatre jours par les organisateurs de Drawing Now Art Fair illustraient le travail de 400 artistes présentés par 72 galeries en provenance de 14 pays différents. Tous ces dessins se caractérisaient d’abord par leur diversité, tant du point de vue des techniques utilisées que des inspirations ou des styles de leurs créatrices et créateurs. Pratiquement chaque stand ouvrait en effet sur un regard spécifique, un imaginaire différent. Cette impression de singularité sans cesse renouvelée était d’autant plus forte que plusieurs galeries avaient fait le choix de se focaliser sur seulement quelques-unes ou quelques-uns de leurs artistes, et parfois même sur une seule ou un seul.

 

La multiplication des techniques. Sur toile, sur polyester, sur métal ou sur papier, à l’encre, au crayon, au fusain, à la gouache, à l’aquarelle, au pastel ou encore au posca… La première impression qui ressort du salon est la diversité des techniques utilisées. Une diversité qui tient autant au fait que les œuvres présentées relèvent de techniques différentes les unes par rapport aux autres, mais aussi au fait qu’un nombre de plus en plus grand d’artistes travaillent sur la base de techniques mixtes. Ils associent aquarelle, encre, crayons, impressions numériques, photos... pour réaliser des œuvres toujours plus originales.

 

 « No elasticity » de Gilles Barbier (né en 1965 au Vanuatu (Pacifique Sud), vit et travaille actuellement à Marseille) - posca sur papier calque polyester - 140 X 250 cm - collection privée.

Présenté par la galerie parisienne Georges-Philippe et Nathalie Vallois. : « Gilles Barbier alimente en textes et en outils de réflexion un flux continu de dessins, d’images. Parmi ses outils, on retrouve certains fromages, des bâtons relais, des bananes, des vers de terre, des terriers, l’espace tube, la vaseline, la bombe atomique, la cosmétique, l’obésité... »

 

 

 

 

 

« garçon glaçon » de Luc Doerflinger (né à Strasbourg en 1966)- aquarelle et gouache sur papier - 2017.

Présenté par Modulab, galerie d’art contemporain implantée à Metz créée en 2011 : « À travers des peintures, des dessins, des gravures et des installations lumineuses, il (Luc Doerflinger) aborde les dualités animalité - humanité, enchantement - désenchantement, réalité - fantômes et s’interroge sur le rapport que le peintre entretient avec la peinture ».

 

 

 

« EADn°8 » de Raúl Illarramendi (né en 1982 à Caracas) - crayon de couleur et gouache sur métal - 86,5 X 62 X 12 cm - 2018.

Présenté par la Galerie Karsten Greve Paris : « Les travaux de Raúl Illaramendi procèdent de l’observation de « traces laissées par l’homme » au quotidien en milieu urbain. L’artiste débusque et photographie leurs compositions singulières sur les façades, les trottoirs ou encore les portes, se constituant de cette manière un répertoire d’images, dans lequel il puise pour créer ses œuvres. »

 

 

 

Une grande diversité de thèmes et de styles. De l’abstrait au figuratif en passant par le surréalisme, et la BD pour cette 12e édition du salon menée en collaboration avec la Cité internationale de la bande dessinée d’Angoulême, pratiquement tous les thèmes et les styles étaient représentés au salon. Pas d’exclusive donc, mais au contraire une très grande richesse et beaucoup d’originalité.  

 

 

Les étranges animaux porteurs de paysages de Philippe Mayaux (né en 1961 à Roubaix), in « Desseins », livre d’artiste publié par Les Editions de Juillet, 2018.

Présenté par la galerie parisienne Loevenbruck : « (…) le gout de Philippe Mayaux pour le grotesque et les équivoques plastiques se conjugue au plaisir de faire apparaitre de nouvelles images derrière d’autres images. Ses paysages anthropomorphes sont des exemples de sa volonté d’interroger le regard sur le pouvoir des images capables d’inverser le sens des choses ».

 

 

 

 

« A dream for winter » de Radenko Milak (né en 1980 à Travnik en Yougoslavie) - watercolor sur dibond - 140 X 200 cm - 2018.

Présenté par la galerie parisienne Les Filles du Calvaire : « Radenko Milak est un artiste total qui interroge l’imaginaire de l’image, capable de penser sa peinture comme des installations qui mettent en jeu le pouvoir réel ou supposé des images, leurs conditions d’interprétation et de lecture, leur statut dans nos sociétés saturées visuellement, les codes de représentation du réel. »

 

 

 

« The Unwanted II » de Peter Martensen (né en 1953 au Danemark) - fusain sur papier, 2016 – 125 X 98 cm.

Présenté par la galerie parisienne Maria Lund : « Peter Martensen parle de réalisme mental pour désigner son univers dans lequel l’être erre ou s’adonne à des activités paraissant absurdes pour affronter un mystère sans solution. Un univers où ce qui semble certain devient flottant… »

 

 

 

 

 

Jeunes artistes et renouveau du dessin. Certaines œuvres de jeunes artistes témoignent du renouveau à la fois des techniques, des inspirations et de façon plus générale de l’approche créative de ce monde du dessin autrefois très académique. Actrices et acteurs à part entière de ce renouveau, il y avait au salon autant de jeunes galeries que de jeunes artistes à connaître. Voici celles et ceux qui ont retenu notre attention :

 

 

Dessin de Roxane Lumeret (née en 1988 à Strasbourg) - gouache, aquarelle et encre de chine.

Dessins présentés par Modulab à l’occasion de la sortie du livre « Le singe et les bijoux » de Roxane Lumeret coédité par Modulab et les éditions Solo ma non troppo : « Depuis son diplôme de la Haute École des Arts du Rhin en 2011, elle (Roxane Lumeret) se consacre au dessin, à la bande dessinée, aux livres pour enfants et adultes. Ses albums jeunesse sont publiés aux éditions Albin Michel et sa première bande dessinée est parue aux éditions Les Requins Marteaux. »

 

  

 

Dessin de Lenny Rébéré (né en 1994 à Lyon) - fusain et crayon sur papier - 70 X 100 cm - 2017.  

Présenté par la galerie parisienne Isabelle Gounod : « En poète de l’image, Lenny Rébéré grave un monde d’apparitions empreint de néoromantisme et de noirceur. (…) L’artiste nous convie ainsi à expérimenter notre capacité à inventer ce que l’on voit, le temps d’une contemplation », Julie Rossello-Rochet, 2016.

 

 

 

 

« La relève » de Mathieu Dufois (né en 1984 à Chartres) - pierre noire sur papier - 57 X 150 cm - 2017.

Présenté par La Galerie Particulière : « Mathieu Dufois envisage l’acte de dessiner comme l’opération d’une transformation et d’une appropriation. En se servant de certains passages de films - particulièrement des années 1950- 1960 -, ses réalisations évoquent la mémoire des images ou plutôt la mémoire d’une émotion par l’image car ces films ont construit et formé une époque, voire des générations antérieures. »

 

 

Mixité des techniques, panoplie de dessins s’étendant du figuratif classique à l’abstrait, inspirations multiples… La diversité des dessins présentés à Drawing Now Art Fair le week-end dernier à Paris donnait l’impression que des murs s’effondrent peu à peu entre le dessin, la peinture, la BD, le livre, la vidéo, le cinéma…

 

Andrée Muller

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