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A quoi ressemblent les animaux dans l’art d’aujourd’hui ?

Posté le 17/06/2019

Qu’ils reflètent les comportements humains ou qu’ils militent pour une planète propre, les animaux imaginés par les artistes d’aujourd’hui sont les témoins d’un art animalier d’un genre nouveau. Du côté art urbain, Dege joue sur la gaité des couleurs et la finesse du trait pour magnifier la nature sur les murs des villes. Jean-Marc Chamard transforme la quasi disparition des grands animaux d’Afrique en cause internationale. Les micro-collages de Michel Belloin et les anthropomorphismes de Philippe Mayaux donnent à rêver à d’autres mondes. Tandis que les chats d’Isabelle Molinard ainsi que les chiens et les vaches d’Antoine Arnaud miment les comportements humains. Présentation en images de cet art animalier contemporain.

Des mammouths des grottes de Lascaux au Meneur de Cheval de la période rose de Picasso du début du XXe siècle en passant par les chevaux de guerre de Géricault cent ans plus tôt, les artistes ont de tout temps dessiné, peint ou sculpté des animaux, sauvages ou domestiques. Si depuis la préhistoire, les artistes s’inspirent des animaux, leurs représentations et leurs interprétations ont en revanche beaucoup évolué : gibier, moyen de transport, outils de travail, arme de guerre, compagnons… on peut tracer ainsi au fil des siècles l’évolution de la société à travers la place et le rôle donnés aux animaux. Devenus aujourd’hui les symboles d’une société qui cherche à instaurer de nouvelles relations avec la nature, leur image a changé, dans la société comme dans l’imaginaire des artistes.

 

Un nouvel art animalier pour sauver la planète. Cet art qui magnifie la nature et les animaux pour s’insurger contre les abus de la société de consommation bénéficie aujourd’hui d’un nouveau regard du fait de la modernité de son ambition : défendre la planète. Son objectif est de réconcilier les relations qu’entretient notre société avec son environnement. Craintes face au réchauffement de la planète, plaidoyer en faveur du respect de la nature, retour sur l’art figuratif… se situant au croisement de plusieurs tendances actuelles, cet art aux intentions militantes prend aujourd’hui une importance de plus en plus grande. Les artistes qui en sont les acteurs mélangent les cultures et les techniques, s’intéressent à toutes les espèces vivantes... Et inscrivent de fait leur travail dans un nouveau monde où les relations entre la nature et les humains seraient enfin harmonieuses.

 

Le français Dege au travail sur l’esplanade de La Défense à Paris en septembre 2017 dans le cadre du Projet Saato à l’occasion du festival street-culture de l’Urban Week.

Son nom d’artiste, Dege, est un jeu de mot qui peut se traduire par « des jets de peinture ». Cet amoureux de la nature qui s’exprime depuis son enfance par le dessin est originaire de Puy-en-Velay en Auvergne et habite actuellement à Marseille. Il se passionne pour la lumière, le détail, la finesse des traits et la dentelle.

 

 

 

 

Eléphant XXL de Jean-Marc Chamard, acrylique sur métal rouillé, 3m x 2m. Voir ici sur sa page facebook l’évolution du projet « Eléphants XXL » suivi par quelques milliers d’internautes.

Militant pour le respect de la nature et de toutes les formes de vie, Jean-Marc Chamard redonne à travers son travail beauté et fierté aux animaux. Après s’être intéressé aux paysages, à l’aquarelle figurative, puis à l’aquarelle « inversée » en peignant des sardines et autres poissons sur fonds noirs, il a travaillé sur les moutons, les léopards, les tigres et enfin les éléphants dans le but de sensibiliser aux dangers écologiques qui menacent notre planète (voir l’article « Jean-Marc Chamard, l’artiste qui répare les animaux » ). 

 

 

 

Tigre en micro-collages de Michel Belloin exposé sur son stand au salon art3f de Paris en janvier 2018.

Vieux livres, journaux, feuilles de papier imprimées… c’est avec de petits bouts de papier finement découpés puis collés un à un sur un support de bois ou un carton entoilé que Michel Belloin confectionne ses micro-collages. Tigre ou poisson, il suit pour ses tableaux figuratifs un croquis dessiné au préalable sur le support.

 

 

 

 

 

Les étranges animaux porteurs de paysages anthropomorphiques de Philippe Mayaux présentés par la galerie Loevenbruck au salon Drawing Now 2018 (in « Desseins », livre d’artiste publié par Les Editions de Juillet, 2018).

Né en 1961 à Roubaix, Philippe Mayaux qui vit et travaille à Montreuil est représenté par la galerie parisienne Loevenbruck : « (…) le gout de Philippe Mayaux pour le grotesque et les équivoques plastiques se conjugue au plaisir de faire apparaitre de nouvelles images derrière d’autres images. Ses paysages anthropomorphes sont des exemples de sa volonté d’interroger le regard sur le pouvoir des images capables d’inverser le sens des choses ».

 

 

 

Mimer les comportements humains. Du dessin de caricature au portrait façon XVIe siècle, les animaux sont pour des artistes d’aujourd’hui à la fois les spectateurs de nos modes de vie et les reflets de nos pensées. Ainsi, ils évoquent pour Isabelle Molinard les lustres et les faussetés d’un temps passé, non vraiment révolu. Tandis qu’ils traduisent les doutes et les vérités de notre société d’aujourd’hui pour Antoine Arnaud. Regards croisés sur ces deux artistes contemporains qui font des animaux nos alter ego.

 

Portrait de chat d’Isabelle Molinard présenté sur son stand au salon art3f Paris en janvier 2016.

Connue pour ses magnifiques portraits d’animaux personnifiés, de chats en particulier, Isabelle Molinard vit et travaille en région parisienne. Ses tableaux sont visibles tous les dimanches sur le Marché de la Création Edgar Quinet à Montparnasse. Illustratrice pour la presse et l’édition en début de carrière, elle s’est peu à peu passionnée pour le dessin, la couleur, la peinture et le portrait animalier.

 

 

 

Portrait de chien d’Antoine Arnaud exposée dans le hall de la mairie de Penne d’Angenais en juin 2019.

Du regard blasé de ses vaches à l’air réjoui de ses girafes en passant par la mélancolie de ses chiens, le bestiaire d’Antoine Arnaud nous interroge sur nos sentiments, nos humeurs et sur l’essence même de la vie. Spontanéité et vérité caractérisent la patte de cet artiste originaire de Penne d’Angenais dans le Lot et Garonne. Recherchant ses inspirations toujours plus loin derrière les apparences et les stéréotypes, il reste en permanence à l’affut de l’incontrôlable. Il dessine comme d’un seul trait des animaux au fusain, à la mine ou à l’encre de Chine sur des feuilles de papier passées au préalable dans des bains où se mélangent essence et pigments. Et donne ainsi au hasard l’occasion de s’exprimer.

 

 

Qu’ils soient militants affirmés ou caricaturistes sociétaux, ces artistes contemporains témoins de leur temps s’inscrivent, par leur appartenance à la catégorie « art animalier », dans une discipline séculaire. Cela n’est pas pour autant synonyme d’uniformité. Bien au contraire : des animaux d’hier dessinés pour faire peur aux anti-héros d’aujourd’hui, les différences de regard et d’interprétation sont d’autant plus visibles que tous ces artistes s’intéressent aux mêmes sujets.

 

Andrée Muller

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