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Quand réalité augmentée rime avec art et création

Posté le 24/02/2020

 

Proposé par Apple Marché Saint-Germain à Paris, l’atelier « Parcours [AR] T : Réalités augmentées, en collaboration avec le New Museum » nous fait entrer dans un segment du monde de l’art numérique encore peu connu. Il nous fait visiter une galerie d’art assez extraordinaire - la rue - dans laquelle différentes œuvres sont visibles via l’écran d’un iPhone. Conçues par des artistes utilisant des technologies de réalité augmentée ce sont ici une installation virtuelle évoquant un entrepôt de logistique, plus loin un compagnon numérique qui virevolte autour de nous, ailleurs une scénette faite de petits personnages animés nichés au creux d’un arbre, ailleurs encore des graffitis aux formes et aux couleurs envoutantes qui habillent le ciel… Petit aperçu de ce voyage au cœur de cette nouvelle forme d’art numérique.

Ni peinture numérique au sens strict du terme (dessins et peintures réalisés avec un ordinateur, une tablette ou un smartphone) ni galeries ou expositions virtuelles (visites, guidées ou non, d’œuvres d’art via internet), la réalité augmentée dans l’art consiste à concevoir des œuvres qui viennent s’ajouter à notre environnement lorsqu’on le regarde sur un écran comme si on voulait prendre une photo (prêtés par Apple, les écrans en question , des iPhones en l’occurrence, disposent bien sûr de l’application et des autorisations ad hoc). C’est un art contextualisé parce que l’œuvre tient compte du lieu où l’on se trouve, et interactif parce que l’œuvre nous fait nous déplacer, et parfois aussi agir sur elle… Résultat : entre spectacle de rue d’un nouveau type et galerie d’art à ciel ouvert, ce parcours de plus de deux heures proposé par Apple en partenariat avec le New Museum de New York (voir ici) permet tout d’abord de s’amuser. Il est aussi l’occasion de découvrir des œuvres d’art pas forcément très connues. Autre intérêt : même si la réalité augmentée consiste à regarder sur un écran les lieux dans lesquels on se trouve, on n’est jamais complètement seul. On se voit, on se photographie, on s’interpelle, on échange nos impressions avec les animateurs, qui s’occupent aussi bien sûr de toutes les questions techniques de coordination, de géolocalisation et d’appairage…

 

C’est d’ailleurs certainement ce mélange entre regard artistique, découverte technologique et sortie de groupe qui est en soi à la fois amusant et inattendu. Si on compare en particulier ce parcours à la visite d’une exposition, d’un musée ou d’une galerie d’art, on a même l’impression que le groupe et les réactions avec les autres participants sont parties prenantes des œuvres des artistes… Bien que cela soit difficile à traduire en images, voici néanmoins quelques photos des œuvres prises au cours de cette excursion de deux heures entre l’église Saint Sulpice et le parc du Luxembourg.

 

 

Cao Fei : « Trade Eden ». Cette installation virtuelle à la croisée de l’attraction foraine et de l’usine automatisée interpelle sur l’utilité de la robotisation à outrance. « Posée » devant l’église Saint Sulpice, elle donnait aussi l’impression surréaliste d’entrer dans le film de Tim Burton, « Charlie et la Chocolaterie ». Artiste multimédia chinoise née en 1978 à Canton (Chine), Cao Fei vit et travaille à Pékin. Elle situe son travail entre le rêve et la réalité, l’ordre et le chaos.

 

 

 

 

 

Nathalie Djurberg et Hans Berg : « This Is It ». Ce conte de fée numérique façon BD conduit les spectateurs vers un arbre. En plaçant l’iPhone contre le tronc, comme s’il s’agissait d’une loupe magique, on découvre un moment de vie d’étranges petits personnages nichés au creux de cet arbre. Surprenant… et dérangeant ! Nés en Suède, les deux artistes vivent aujourd’hui à Berlin. Nathalie Djurberg a d’abord travaillé la sculpture avant de se consacrer au cinéma d’animation, pour lequel elle utilise ses petits personnages en pâte à modeler. Musicien, Hans Berg en réalise la musique et les sons. 

 

 

 

 

Pipilotti Rist : « International Liquid Finger Prayer ». Serpent, dragon ou graffiti ? Qu’importe : les formes vertes, rouges ou jaunes qui se forment et se déforment au-dessus du bassin du Parc du Luxembourg donnent l’impression de danser avec les nuages. Elles passent au-dessus des arbres, plongent dans l’eau, frôlent le gravier des allées, écrivent dans le ciel puis disparaissent pour réapparaître plus loin. Du coup, le spectateur est forcément actif, à la recherche avec son iPhone du bon cadrage qui fera réapparaitre ces étranges entités... Née en 1962 en Suisse et vivant actuellement entre Zurich, Bâle et Leipzig, Pipilotti Rest est à la fois plasticienne, productrice et réalisatrice de vidéos. 

 

 

 

Nick Cave : « Soundsuits ». A mi-chemin entre spectacle de son et lumière et carnaval, les « costumes sonores » nés de cette œuvre virtuelle ont quelque chose de joyeux. Situant son travail aux frontières des arts visuels et de la performance, cet artiste polyvalent utilise de nombreux médias comme la sculpture, l’installation, la vidéo ou encore le son. Né en 1959 dans le Missouri (Etats Unis) et vivant actuellement à Chicago, Nick Cave est à la fois danseur, plasticien, costumier… 

 

 

 

 

 

Andrée Muller

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