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Prix de dessin : trois femmes à l’honneur

Posté le 22/01/2018

 

Leiko Ikemura, Mamma Andersson et Juul Kraijer sont les trois artistes primées cette année par la Fondation Guerlain. Le nom de la lauréate sera connu lors de la délibération du jury à l’occasion du 27e Salon du Dessin qui se tiendra du 21 au 26 mars 2018 au Palais de la Bourse à Paris. Présentation de ces trois artistes aux vies et au styles bien personnels.

Le monde du dessin serait-il en train de contredire la « loi » selon laquelle toute profession ou activité en déclin se verrait délaissée par les hommes, et donc investie par les femmes ? Soyons optimistes et interprétons en ce sens le fait que d’une part le dessin acquiert ses lettres de noblesse dans le monde de l’art contemporain, et que d’autre part, trois femmes sont sélectionnées cette année pour le 11e prix de dessin de la Fondation Guerlain.

 

L’engouement pour le dessin. Le premier indice de cet engouement est le succès du Salon du Dessin qui se tient depuis plus d’un quart de siècle dans le cadre historique du Palais Brongniart à Paris. Le salon accueillera cette année pour sa 27e édition près d’une quarantaine de galeries spécialisées dans les dessins anciens, modernes ou contemporains. Soit au total plus de 1000 dessins !

Le deuxième indice de cette ferveur est le succès du prix de dessin de la Fondation Guerlain dont une exposition au Centre Pompidou a fêté l’an dernier ses dix années d’existence : cette exposition a réuni du 14 juin au 11 septembre 2017 les 30 artistes distingués depuis la création du prix.

Créée en 1996 par le couple de collectionneurs Florence et Daniel Guerlain, la Fondation Guerlain a d’abord organisé des expositions d’art contemporain. Puis elle s’est recentrée sur le dessin en 2004. Elle a ensuite, en 2006, lancé le Prix du Dessin. Celui-ci sera décerné pour la première fois en 2007 à l’artiste suisse Silvia Bächli. Les lauréats suivants seront successivement : Sandra Vásquez de la Horra (Chili) en 2009, Catharina Van Eetvelde (Belgique) en 2010, Marcel Van Eeden (Pays-Bas) en 2011, Jorinde Voigt (Allemagne) en 2012, Susan Hefuna (Allemagne) en 2013, Tomasz Kowalski (Pologne) en 2014, Nordström (Suède) en 2015, Cameron Jamie (Etats-Unis) en 2016 et enfin Ciprian Muresan (Roumanie) l’année dernière en 2017.

A ses débuts bi-annuel, le prix du dessin deviendra annuel dès 2009. Son mode de fonctionnement ? Trois artistes, aussi bien français qu’étrangers, sont d’abord sélectionnés par une commission formée d’experts, collectionneurs et spécialistes institutionnels des œuvres sur papier. Le travail de ces trois artistes est ensuite examiné par un jury composé de neuf collectionneurs privés originaires de différents pays. Les délibérations se tiennent pendant le Salon du Dessin. Une œuvre du lauréat (qui reçoit 15 000 €) est offerte par la Fondation Guerlain au Cabinet d’art graphique du Musée national d’art moderne au Centre Pompidou.

 

Trois femmes nommées cette année. La commission a sélectionné cette année trois femmes : Mamma Andersson née en 1962 à Luleå en Suède, elle a étudié au Royal Institute of Art de Stockholm et a exposé pour la première fois en 1985 au Norrbottens Museum de Luleå ; Leiko Ikemura née en 1951 à Tsu au Japon, elle vit aujourd’hui entre Cologne et Berlin et a réalisé en 1983 sa première exposition personnelle au Bonner Kunstverein à Bonn ; Juul Kraijer née en 1970 à Assen aux Pays-Bas, elle a étudié à l’Academy of Fine Arts de Rotterdam où elle vit et travaille actuellement et sa première exposition personnelle à Gele Rijder d’Arnhem date de 1995.

 

 

 

Mamma Andersson : The Pearl, technique mixte sur papier, 2016, 63,5 X 49 cm.

Mamma Andersson dessine des paysages ou des scènes d’intérieur, souvent mystérieuses et rappelant la peinture nordique. Elle évoque aussi des silhouettes ou des représentations de personnages dissimulés par des masques (voir ici sa présentation sur le site web de la Fondation Guerlain). 

 

 

 

 

 

 

Leiko Ikemura : peinture à l’eau sur papier, 2008, 31,9 X 23,9 cm.  

Leiko Ikemura  donne vie à des formes vaporeuses qui se situent entre personnages, animaux et paysages. Son travail engagé témoigne de l’importance des enjeux portés par le féminisme et l’écologie (voir ici sa présentation sur le site de la Fondation Guerlain).

 

 

 

 

 

 

Juul Kraijer : fusain sur papier, 2015-2016, 100,3 X 140,5 cm.

Juul Kraijer dessine majoritairement au fusain et au crayon sur des feuilles blanches ou de couleur. Comme ici, elle enrichit parfois ses dessins à l’aquarelle. Fonctionnant par « images mentales » et associations d’idées, elle représente des corps et des visages qui sont « à voir dans toutes leurs dimensions spirituelles et intellectuelles » (voir ici sa présentation sur le site web de la Fondation Guerlain).

 

 

 

 

Andrée Muller

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