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Peinture numérique : la révolution des apps

Posté le 13/01/2020

 

Procreate, Artrage et Fresco sont trois applications qui permettent de dessiner et de peindre en utilisant un iPad ou une tablette sous Androïd. Par leurs performances étonnantes, leurs prix relativement bas et leur facilité d’utilisation, ces apps révolutionnent le dessin et la peinture numérique en proposant au grand public des outils réservés aux professionnels il y a encore quelques années à peine. Pour preuve, ici en illustration la création d’une jeune artiste de 15 ans qui a suivi en tout et pour tout trois ateliers d’Apple sur Procreate. Ni formation lourde, ni investissement démesuré, cette nouvelle génération de logiciels place en effet la création numérique à la portée de tous, professionnels, particuliers, jeunes... Présentation de ces trois logiciels qui préfigurent la multiplicité des usages du numérique dans l’art de demain.

Disposant d’un nombre plus ou moins important de fonctions phares de Photoshop (Adobe) qui est le logiciel précurseur de la peinture numérique, ProcreateArtRage et Fresco se caractérisent autant par leurs performances techniques et leurs améliorations constantes que par leur facilité d’utilisation. Outre la diversité des outils proposés (crayons, pinceaux, feutres, gomme, guide chromatique…), ils offrent des possibilités de personnalisation quasi infinies grâce à des paramétrages qui ne cessent de s’affiner. D’autres fonctions permettent de jouer avec les formes, les couleurs, l’opacité des peintures... Et bien sûr, ils adoptent pleinement le principe du « calque », feuilles de papier calque fictives sur lesquelles sont dessinés séparément les différents éléments du dessin (personnages, fond, éléments du paysage…) et qui, une fois superposées, restituent l’ensemble de la composition. En rendant autonome chaque composante du dessin, ce principe du calque permet de créer par étapes, en donnant un droit permanent à l’essai-erreur… Voici donc, logiciel par logiciel, quelques-unes des caractéristiques les plus étonnantes de ces applications de peinture numérique. 

 

Procreate, champion de l’illustration. La récente possibilité d’introduire du texte sur la page de dessin permet à Procreate (commercialisé dans sa première version en 2011 par Savage Interactive) de faire un pas de plus vers la conception et l’édition de romans illustrés ou de bandes dessinées. Ce logiciel compte aussi parmi les applications proposant en version standard le plus grand choix d’outils de dessin et de peinture : offrant près de 200 crayons, stylos, plumes et autres pinceaux différents, il permet en outre pour chacun d’eux de régler la taille, l’opacité, la forme… Après un tour d’horizon de tous ces différents outils, il est d’ailleurs préférable de se concocter une trousse de dessin personnelle afin de ne pas être sans cesse en train de tester tel pinceau dans telle forme avec telle peinture, puis de recommencer avec une autre forme, une autre épaisseur… Un autre avantage encore de Procreate est le nombre et surtout la qualité des effets de nuage, de pluie, de différentes textures comme le bois ou la brique. La fonction vidéo est également étonnante autant dans sa performance que dans sa facilité de mise en œuvre : il suffit d’exporter la création dans le mode vidéo pour voir s’enchainer en un mini film toutes les étapes de sa conception... Le tout pour 11 €, mises à jour comprises !

 

 

 

 

 

 

 

 Osanne : « Ponyo », 2019, créé sur iPad avec Procreate.

L’une des premières peintures numériques de notre jeune artiste après seulement quelques heures d’utilisation du logiciel de création Procreate.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Artrage, roi de l’« effet peinture ».  Avec le même jeu de calques et les mêmes possibilités de choix de couleurs que Procreate, le logiciel Artrage (Ambient Design) offre lui aussi la possibilité de choisir ses outils de dessin et de peinture, d’en définir la taille, les caractéristiques… Il dispose d’un nombre moins grand d’outils que Procreate mais offre en revanche la possibilité de choisir le papier ou la toile sur lequel ou laquelle on veut dessiner ou peindre (lisse, plus ou moins granulé, gris, ocre, blanc…). Et surtout, il dispose d’outils de peinture spécifiques très intéressants comme le rouleau ou le tube qui permettent de travailler à l’écran comme sur une toile en posant plus ou moins de matière, en jouant au couteau sur les effets de relief, en utilisant une peinture pure sortie du tube… Fabuleux pour retrouver les sensations de l’acrylique ou de l’huile sur différents supports. Lui aussi, son prix d’environ 5 € le rend parfaitement abordable !

 

 

Andrée : « Porte de Vanves », 2018, créé sur iPad avec ArtRage.

Empâter, fondre ou contraster les couleurs : l’application Artrage permet de jouer en numérique sur tous les effets de la peinture « en vraie », à l’huile, à l’aquarelle comme à l’acrylique.

 

 

 

 

 

Fresco pour la finition du trait. Ce dernier né d’Adobe présente des avantages certains. En particulier ses pinceaux vectoriels qui permettent de tracer des traits non pixélisés, même très agrandis, ou ses pinceaux dynamiques avec lesquels on peut jouer « comme en vrai » en superposant plusieurs couches de peinture aquarelle. Toutefois Fresco ne dispose pas pour l’instant des facilités de son grand frère Photoshop comme la baguette magique ou les fonctions d’homothétie, d’inclinaison ou de perspectives réalisables en un seul clic. Mais surtout, au regard de son prix et de son principe de tarification à l’abonnement (environ 12 € par mois), Adobe semble avoir du mal pour l’instant à le faire entrer dans ce mouvement conduit par Procreate vers une création numérique pour tous. 

 

 

 

Andrée : « L’arbre bleu », 2020, créé sur iPad avec Fresco.

La précision et la netteté du trait des pinceaux vectoriels de Fresco sont extraordinaires, même agrandi dans un facteur 2 ou 4. 

 

 

 

 

 

Procreate en tête, cette révolution pour une création numérique à la portée de tous rappelle celle du début des années 2000 où, l’iPhone en particulier et les smartphones et autres ordinateurs domestiques en général, dotaient les salariés d’outils personnels plus performants et plus efficaces que ceux de leurs entreprises… Faisant ainsi de la logique d’usage et de l’appropriation individuelle des nouveaux outils l’axe de développement de l’économie numérique toute entière.

 

Andrée Muller

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