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Marier photo et peinture

Posté le 07/10/2019

 

La photo et la peinture figurative étaient au rendez-vous du salon Expo4art qui s’est tenu fin septembre à la Halle des Blancs Manteaux à Paris. Certains artistes parvenaient même à réaliser une véritable symbiose des deux, donnant à voir des œuvres originales d’une forte charge émotionnelle. C’est d’abord Anne Lou et Jean-Pascal Bredenbac qui parviennent à faire partager leur sensibilité d’artiste dans des photos où, chacun à sa manière, ils traduisent leurs émotions à la façon des artistes peintres. Côté peinture, les dessins animaliers d’Axelle Costerousse sont par la précision du trait comme des photographies de son ressenti face à la nature. Maori Overstreet pour sa part joue sur ses toiles de lin avec les couleurs comme s’il s’agissait de photos en négatif. Présentation de ces artistes qui parviennent à communiquer via leurs œuvres à la fois leur sensibilité et leur vision du monde…

Des parcs de Paris d’Anne Lou aux silhouettes féminines très urbaines de Maori Overstreet en passant par les arbres de Jean-Pascal Bredenbac et les animaux d’Axelle Costerousse, les techniques, les styles et les thèmes travaillés par ces quatre artistes sont très différents les uns des autres. Qu’ils se désignent comme étant plutôt photographe ou plutôt peintre, le résultat est le même : chacune et chacun d’entre eux associe à sa façon les techniques et les savoirs faire de ces deux domaines artistiques trop souvent cloisonnés.

 

Anne Lou : photos de la série « Jardin à Paris » présentées sur son stand au salon Expo4art Septembre 2019.

Artiste photographe qui entre photo, peinture et sculpture n’a pas peur de l’éclectisme, Anne Lou  présentait exclusivement sa série « Jardin à Paris » au dernier salon Expo4art : « J’adore en particulier le jardin du Luxembourg, précise-t-elle. J’y vais très tôt le matin ou quand il fait très froid. J’essaie de donner quelque chose d’onirique ». Photographe d’ambiance, elle s’intéresse aussi bien aux animaux et à la nature qu’au portrait ou à l’abstrait. Si ses photos ne sont pas forcément monochromes, ses prises de vues sont presque toujours inhabituelles et ses couleurs parfois étonnantes. Voir à ce propos son « Hall d’hôtel à Paris » (130 cm x 86 cm, impression sur métal sublichrome brillant) qui a reçu la médaille de bronze au Salon des Artistes Français.

 

 

Jean-Pascal Bredenbac : photos présentées sur son stand au salon Expo4art Septembre 2019.

Ses œuvres sont étonnantes. Travaillant uniquement la photo, Jean Pascal Bredenbac réalise des tirages sur papier qui ne laissent pas indifférents. Actuellement son travail tourne autour de arbres : « Auparavant, je me suis intéressé aux usines et plus généralement à la photographie industrielle, et aussi au vélo, précise-t-il… Mais il est vrai que depuis trois ans je me suis focalisé sur les arbres ». Travaillant la photo de façon très classique, en argentique, Jean-Pascal Bredenbac colore ses tirages avec… du café : « Je rajoute du café sur les tirages, précise-t-il. On peut reconnaître d’ailleurs facilement sur certains d’entre eux des petites tâches marrons bien caractéristiques… »

 

 

 

Axelle Costerousse : photos présentées sur son stand au salon Expo4art Septembre 2019.

Travaillant principalement en technique sèche, Axelle Costerousse utilise la pierre noire, le pastel et le crayon. « Je travaille par thème en monochrome, explique-t-elle. Mais ce sont toujours des animaux que je représente ». Se situant dans l’art figuratif, sans toutefois être hyper réaliste, Axelle Costerousse réalise également des monotypes (procédé d’impression en un seul exemplaire) qui font rêver. « Je dessine directement avec une encre très pâteuse que je travaille avec une éponge, précise-t-elle. Je suis graphiste de formation, c’est sans doute pour cela que j’aime bien réaliser ces monotypes qui demandent une très grande rigueur ». Et là, comme pour les animaux marins qu’elle présentait sur son stand (voir ci-contre en illustration), elle adapte la couleur au thème.

 

 

 

Maori Overstreet : photos présentées sur son stand au salon Expo4art Septembre 2019.

Son support de peinture est resté le même : des toiles de lin. Mais elle associe à présent de plus en plus de types différents de peinture entre eux : elle peignait déjà ses visages de femmes à l’encre de chine et au fusain, elle utilise à présent un somptueux mélange d’aérosol, de pastel et de Posca. Maori Overstreat a également fait évoluer sa pâte d’artiste. Avec des jeux de couleurs et de formes aujourd’hui très linéaires, elle se rapproche de la photo : « Je joue avec des lignes droites et directes pour faire naitre sur la toile des portraits ou des silhouettes de femmes, explique-t-elle. En fait dans mes dernières créations, je m’inspire beaucoup de Vasareli. » Avec un fond noir, les parties floutées au pastel et les lignes fines soulignées au Posca qui se déforment pour évoquer un visage ou une jambe, les tableaux de Maori Overstreet ressemblent à des photos en négatif.

 

 

Une différence toutefois perdure encore entre photo et peinture. C’est la question de l’œuvre unique qui se pose d’ailleurs de façon beaucoup plus directe dans les domaines de la peinture numérique et de l’art urbain. Chaque artiste définit généralement ses propres normes. Pour Anne Lou par exemple, les tirages sur papier sont en 20 exemplaires et les tirages sur métal (technique d’impression sublichrome) en 7. Toutefois, des dessins d’Axelle Costerousse à 90 € les monotypes et 680 € les grands formats en passant par les arbres de Jean-Pascal Bredenbac (180 € les petits et 800 € les grands) ou les vues des parcs de Paris d’Anne Lou (300 € les petits et 900 € les grands), les prix restent fortement liés à la taille de l’œuvre. Et sont au final relativement proches, qu’il s’agisse de photos ou de peintures.

 

Andrée Muller

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