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Les nus d'aujourd'hui

Posté le 23/07/2019

 

De retour sur le devant de la scène artistique, le nu prend des couleurs et sort de la sphère de l’intime. Dessinées et peintes par les artistes d’aujourd’hui, les femmes nues n’évoquent en effet plus seulement les secrets d’alcôve, le sexe ou l’abandon. Elles ne sont plus non plus le témoin du regard masculin porté sur elles. Au-delà même des divergences de modes, de styles et des techniques de peinture, les représentations de la femme sont donc en cela très différentes de « Olympia » d’Edouart Manet ou de « L’origine du monde » de Gustave Courbet. Les nus peints par des artistes d’aujourd’hui, y compris en particulier ceux d’artistes femmes, expriment au contraire liberté des corps, vitalité et individualité. Présentation en images.

De la question du droit au topless suscitée en Allemagne par la canicule actuelle à l’exposition consacrée cet automne à Marlon Wobst par la galerie d’art parisienne Maria Lund, le nu féminin s’affiche sur le devant de la scène et prend une nouvelle dimension. Utilisé actuellement à la fois comme une arme et un outil de revendication pour une égalité sociale entre les hommes et les femmes, la mise à nu du corps s’inscrit cependant dans un mouvement historique très large. La très belle exposition sur le nu masculin présentée par le Musées d’Orsay en 2013 mettait en effet en exergue le basculement en tant qu’objet artistique du corps masculin vers le corps féminin au cours du XIXe siècle : « Pour notre époque, le nu évoque essentiellement un corps féminin, héritage d'un XIXe siècle l'érigeant en absolu et en objet d'un désir viril assumé(…) » ( in Masculin / Masculin – L’homme nu dans l’art depuis 1800 à nos jours). Et c’est précisément en cela que les choses peu à peu changent depuis une vingtaine d’années, du moins dans le domaine artistique. Le corps de la femme n’exprime plus seulement le sexe pour les artistes. Il symbolise aussi l’autonomie et l’affirmation de soi.

 

Florence Jacquet : « Crazy », techniques mixtes (acryliques, encres) sur toile sur châssis (81 x 100 cm). 

Liberté des techniques qu’elle mixe sans scrupule, liberté des couleurs, liberté des inspirations : Florence Jacquet (ici sur Art Cotation) peint des portraits de femmes qui semblent à chaque fois vivre leurs propres histoires. Cette artiste peintre qui démarre son métier d’artiste au seuil des années 2000 (site web  ArtsFlorence ) est tout à la fois décoratrice, illustratrice, designer, auteure… (voir l’article « Florence Jacquet : portrait d’une artiste peintre libre » ).

 

 

 

 

Changzheng Zhu : « La jolie pose », peinture à l’huile (54 x 65 cm) sur toile sur châssis.

Les femmes de  Changzheng Zhu  sont multiples : dessinées, peintes, gravées ou sculptées, blondes, rousses ou brunes... elles diffusent des parfums de liberté derrière leur diversité. Fortes et fragiles, elles se lovent dans des postures en arrondi et semblent vouloir à la fois préserver leur intimité et crier leur individualité (Voir l’article « Les femmes de Changzheng Zhu »). Artiste franco-chinoise née en 1968 à Wuhu en Chine, Changzheng Zhu vit et travaille en France depuis 1997. Primée en Chine dès l’âge de 19 ans, elle reçoit au Salon des Artistes Français, la médaille de bronze pour la gravure en 2009 et celle pour la sculpture en 2011 !

 

 

 

Eduardo Landa : sans titre, huile sur toile (132 x 81 cm) présentée par la galerie en ligne Saatchiart (voir ici ).

C’est volontairement qu’ Edouardo Landa  ne donne pas de titre à ses toiles, « pour laisser le spectateur tirer sa propre conclusion. Toute explication littérale me paraissant inutile », écrit-il sur le site de la galerie Saatchiart en commentaire de son travail. A la fois peintre et photographe, cet artiste qui vit actuellement à Londres s’attache à traduire l'individualité de chacun de ses modèles en se focalisant sur leurs différences.

 

 

 

 

Kimberly Dow : « Brash », peinture à l’huile (36 x 51 cm) présentée par la galerie Saatchiart (voir ici ).

La peinture est pour cette artiste américaine, « comme un fil qui traverse toutes les raisons de toutes les choses qui font que la vie ». Et c’est donc par le réalisme que  Kimberly Dow  donne sa patte à ses étonnants portraits de divergentes.

 

 

 

 

 

Marlon Wobst : « Bella » , huile sur toile (40 x 50 cm) sera présentée dans le cadre de l’exposition « Relax » par la galerie d’art Maria Lund  du 15 septembre au 9 novembre 2019. Au paravent, la galerie Maria Lund a accueilli Starter, la première exposition de Marlon Wobst en France, puis L’Oasi en 2017.

Né en 1980 à Wiesbaden en Allemagne, Marlon Wobst vit et travaille à Berlin. Dans ses peintures faussement naïves, il situe ses personnages dans leur quotidien de façon humoristique, et parfois même ironique en les plaçant dans des positions inattendues frôlant le surréalisme.

 

 

 

De la sportive de Marlon Wobst à l’indépendante de Florence Jacquet en passant par les divergentes de Kimberly Dow, les nus féminins ont bien changé comparés à ceux des siècles précédents ! Peint par des artistes féminines, ils symbolisent une féminité où les femmes se réapproprient leur corps. Ce qui montre une fois encore que l’art témoigne des grandes évolutions sociales...

 

Andrée Muller

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