La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

Le renouveau de la reproduction d’art

Posté le 07/08/2018

 

Diversité, créativité, originalité, mini prix et surtout plus grande accessibilité : le mariage de la vente en ligne et de l’impression à la demande donne naissance au nouveau segment du marché de l’art que représente la vente de reproductions d’œuvres contemporaines. Cette pratique venue d’Amérique du Nord se développe de plus en plus en Europe. De l’abstrait au figuratif en passant par le street art, elle concerne quasiment tous les domaines de la peinture artistique actuelle. Elle n’en exclut de même aucune technique. Qu’il s’agisse d’œuvres originales réalisées à l’huile, à l’acrylique, au crayon, à l’aquarelle ou au pastel, ou même d’œuvres numériques, le principe est toujours le même : ces reproductions d’art imprimées à la demande sont de plus en plus souvent numérotées et signées par les artistes. Coup d’œil sur ce nouveau segment de marché qui prend de l’ampleur… et pourrait en prendre encore bien plus d’ici deux à trois ans…

 L’illustration ci-dessus présente quelques œuvres d’art contemporaines dont les reproductions sont en vente, de 19 à 75 € selon la nature du support choisi, sur le site marchand de la galerie électronique Artmajeur.com.

 

Le chiffre d’affaires de la vente d’art en ligne aurait progressé des 30% par an en moyenne depuis trois ans pour atteindre plus de 3 milliards d’euros aujourd’hui (soit environ 8,5% du marché mondial de l’art) et il devrait encore tripler d’ici 2020 selon Nicolas Sarazin, directeur artistique de la galerie d’art internationale en ligne Artmajeur.com et auteur du livre « Vendre de l’art sur internet : les clés du succès »*. Pour lui, bon nombre d’artistes européens ne sont cependant pas convaincus de l’intérêt de vendre des reproductions de leurs œuvres. Car ils pensent que cela pourrait nuire à la vente de leurs tableaux d’origine ainsi qu’à leur identité d’artiste. Erreur d’analyse ! L’expérience Nord-Américaine montre en effet que les ventes de reproductions ne concurrencent pas les ventes des œuvres originales et que, d’autre part, elles ne concernent pas uniquement les créateurs en mal de renommée. C’est tout le contraire : « On trouve sur le marché des reproductions de tous les grands artistes connus », note Nicolas Sarazin dans son livre. On peut ainsi citer par exemple les reproductions des œuvres numériques de David Hockney, en particulier celles de la série « Pictures of Daily Life » et quelques portraits et autoportraits plus récents, exposées au printemps dernier aux deux adresses de la galerie d’art Lelong & Co dans le huitième arrondissement de Paris.

La production à la demande. Applicable aussi bien à la production de voitures qu’à l’impression de livres, ce nouveau mode de production consiste à n’engager le processus de fabrication d’un produit qu’au moment de son achat par un client. Dans le monde de l’art comme dans tout autre secteur d’activité, la caractéristique de ce mode de production en réseau est de ne pas se substituer au mode de production en place ( i.e. ici la création d’une œuvre d’art ) mais d’en être complémentaire ( voir « La Net Economie », Andrée Muller, PUF, 2007 ). Conséquence : ce n’est pas parce qu’un client va acheter une reproduction qu’il n’achètera pas l’œuvre originale. C’est même le contraire : la reproduction lui permettra de mieux voir l’œuvre « en vrai » (c’est à dire sous forme matérielle) dans le but éventuel d’acquérir l’original.

Un marché en constante augmentation en Europe. Si cette possibilité de voir l’œuvre « en dur » en l’imprimant sur différents supports comme le papier, la toile ou le métal entre en ligne de compte, c’est cependant l’accessibilité qui reste à nos yeux le principal avantage du marché en ligne de la reproduction d’art. Son premier intérêt est la facilité offerte par internet de parcourir un nombre extraordinaire d’œuvres d’art du monde entier en surfant de galeries en ligne en galeries en ligne. Mais c’est aussi pour les plus timides une façon de ne pas avoir à pousser les portes de galeries d’art traditionnelles pas toujours forcément chaleureuses.

Un autre atout d’importance de cette nouvelle pratique de la reproduction d’art est lié à la notion de rareté. Lorsqu’elles sont numérotées et signées, les reproductions acquièrent une valeur marchande en soi. Elles ne sont pas l’œuvre originale mais elles s’en rapprochent car leur nombre est limité. Ce nombre généralement fixé à l’avance par l’artiste lui-même (entre sept et vingt-cinq par exemple pour David Hockney), sert de « marqueur » en identifiant chacune des reproductions. C’est aussi une façon de leur donner un caractère unique, et par là même de les certifier et de les identifier sur le marché.

Soulignons enfin que, comme toujours, cet art que l’on peut acheter sur internet pour quelques centaines d’euros n’est exclusif ni des modes de ventes traditionnels - ventes directes par l’artiste dans son atelier, ventes par l’intermédiaire de galeries « en dur », ventes dans le cadre de salons professionnels…- ni du système classique de cotation des artistes.

 

Andrée Muller

 

* Nicolas Sarazin, « Vendre de l’art sur internet : les clés du succès », 2018, édité par Artmajeur.com, 60 pages, disponible pour lecture en ligne gratuitement ou en version papier sur Amùazon.fr à 5 € (voir ici ).

 

Partager via un média social