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Le GMAC prend du galon

Posté le 06/11/2017

 

Il se tenait depuis plus de vingt ans à la Bastille. Mais en s’installant cet automne sur le Champs de Mars à côté de l’Ecole Militaire, le Grand Marché d’Art Contemporain (GMAC) vient de prendre des galons. Plus somptueux et plus agréable à visiter, ses stands étaient nombreux en effet à refléter un air de renouveau. Nouveaux souffles artistiques ou nouveaux artistes ? Une chose est sûre : nous avons fait d’agréables rencontres le week-end dernier au GMAC. Présentation… 

« Moins de badauds », « davantage de visiteurs intéressants », « un environnement mieux adapté »… Dans leur grande majorité, les artistes exposants semblaient plutôt satisfaits par l’environnement et le public des nouveaux lieux du GMAC. Au sein d’une structure unique abritant quelques 200 à 300 stands, artistes peintre et sculpteurs étaient largement majoritaires, même si quelques architectes d’intérieur, créateurs de parfum ou de faïence étaient également présents. Et de fait, c’est bien à travers le travail de peintres et de sculpteurs que se ressentait le mieux ce vent de renouveau qui a caractérisé l’édition d’automne de ce grand marché d’art contemporain vieux de 25 ans. Deux tendances y étaient ainsi visibles.

 

L’alliance des techniques. Bien sûr, la tendance à allier des matériaux différents sur un tableau ou un objet sculpté est loin d’être récente. Il en est de même pour les mélanges entre différentes techniques de peinture et même de dessin (huile, acrylique, pastel, encre, posca, graphite…). Si la tendance aux techniques mixtes est en effet loin d’être nouvelle, son extension vers de nouveaux domaines comme par exemple la photo numérique ou la mode des clous est en revanche plus récente. Ces deux mouvances étaient visibles à cette dernière édition du GMAC, en particulier à travers les tirages numériques de toiles mis sous résine de Mireille Cornillon d’une part, et les toiles cloutées de Jean-Raymond Meunier d’autre part.

 

 

 

Mireille Cornillon : huiles sur toile présentées à l’édition d’automne 2017 du GMAC.

« Je peints depuis toujours chez moi, explique Mireille Cornillon. Mis à part un road-trip en moto dans l’ouest américain duquel j’ai ramené des idées de paysages, je m’inspire de ma campagne lyonnaise pour créer mes toiles. Et pour certaines d’entre elles, je réalise des tableaux en résine (NDLR : 12 exemplaires maximum) à partir d’un tirage numérique ».

 

 

 

  

Jean-Raymond Meunier : scènes de bar sur bois (peinture acrylique sur bois avec morceaux de métal cloués) et sculptures (en grès) présentées à l’édition d’automne 2017 du GMAC.

« J’ai commencé par la sculpture, précise Jean-Raymond Meunier. Puis je me suis mis à la peinture en travaillant plus particulièrement les ambiances de mes scènes de bar. Et maintenant, mes tableaux sont de plus en plus grands, avec de plus en plus de détails ».

 

 

 

Villes et voitures. L’autre tendance perçue à cette édition d’automne du GMAC est l’importance de plus en plus grande que prend la ville comme sujet d’inspiration. Nous avons retenu pour l’illustrer deux interprétations quasiment opposées du paysage urbain : celle de Solveiga représentant rues et boulevards sous la pluie et le brouillard, et celle d’ Ira Efremova jouant avec les ombres et les tons pastel pour souligner la poésie des parcs parisiens. L’autre aspect de cette tendance urbaine est la voiture comme sujet, étonnamment illustrée par les toiles de Benoît Montet.

 

 

Solveiga : toiles présentées à l’édition d’automne 2017 du GMAC.

« Je peints avec de l’acrylique australienne qui présente l’avantage pour moi de se travailler comme l’huile, tout en séchant plus vite », souligne Solveiga. Cette peinture correspond tout à fait aux univers urbains empreints de mystère de cette artiste d’origine lettonne habitant en France depuis près de 20 ans : « Je représente la ville à travers la pluie et la neige car cela m’oblige à aller à l’essentiel, à moins m’attacher aux détails, à laisser davantage de place à l’imaginaire... »

 

 

 

 

 Ira Efremova : huiles sur toile présentées à l’édition d’automne 2017 du GMAC.

La Ville Lumière, avec ses parcs et ses chaises en particulier, est la source d’inspiration première de cette artiste peintre de nationalité russe tombée amoureuse de Paris : « Cet amour a commencé par des photos », précise Ira Efremova. A présent c’est dans l’atelier de la Société des Beaux-Arts de Clamart (SBAC) qu’elle créé ses toiles d’après ses propres photos : « J’aime beaucoup les constructions à deux sujets car cela me permet de jouer librement sur la géométrie des ombres ».

 

 

 

 

Benoît Montet : huiles sur toile présentées à l’édition d’automne 2017 du GMAC.

Ses voitures des années 1940-50 sont lustrées et polies ou au contraire cabossées et tordues mais toujours replacées dans leur contexte d’époque. Scènes de rues ou scènes de vie, elles nous racontent les histoires d’une « époque flamboyante » selon les propres mots de l’artiste : « J’ai toujours été passionné par les voitures et la peinture, explique Benoît Montet. En outre, j’aime énormément me plonger dans les photos de famille et les documents d’époque ».

 

 

 

De la ville et des voitures comme sujets d’inspiration au « cloutage » comme marqueur de notre temps en passant par l’utilisation du numérique là où on ne l’attendait pas, le GMAC n’a pas perdu son identité dans son déménagement : professionnalisme et créativité étaient bien en effet tous deux au rendez-vous le week-end dernier au Champs de Mars.

 

Andrée Muller

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