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Le diorama revient au goût du jour

Posté le 15/08/2017

 

Des origines du diorama aux installations les plus récentes, l’exposition « Dioramas » visible jusqu’au 10 septembre prochain au Palais de Tokyo à Paris, met en avant la modernité de ce type d’expression artistique qui date de plus de trois siècles. La photo reprise ci-dessus en illustration est un exemple de ces étonnantes pièces contemporaines exposées par le musée parisien : son auteur, Kent Monkman, s’insurge au travers d’elle contre les versions « blanchies » des choses dans l’histoire de l’art de l’Amérique du Nord. Ce diorama presque grandeur nature représente un indien (volontairement non genré) chevauchant une moto avec à ses pieds un taureau transpercé de deux flèches roses et dessiné en style cubiste, le tout dans un paysage évoquant la conquête de l’Ouest inspiré du tableau « Last of the Buffalo » d’Albert Bierstadt. 

Un décor, des personnages et une scène de la vie courante reconstituée : l’exposition débute par des tableaux à effets de lumière et de relief datant du milieu du XIXe siècle. A l’époque, le diorama (dont l’étymologie signifie « voir à travers ») c’est aussi la salle de spectacle « qui offre des moyens complets d’illusion ». Inventée par Louis Jacques Mandé Daguerre (1781-1851) avec Charles-Marie Bouton (1781-1853), elle préfigure ce que seront quelques décennies plus tard les débuts du cinéma.

 

 Diorama anonyme datant de 1850.

 

 

 

 

 

Jouant à sa façon sur le couple effet de lumière et mélange des genres, le théâtre vivant de Pierrick Sorin est tout aussi magique. Holographie et décor de carton s’allient pour faire naître un sentiment d’étrangeté fascinant, presque hypnotique.

 

 

Pierrick Sorin, « I would like to live in a doll house », 2011, théâtre optique.

 

 

 

 

D’inspirations plus artistique, les dioramas de Charles Matton et Ronan-Jim Sévellec sont pour leur part beaucoup plus traditionnels et en même temps plus modernes que le théâtre de Pierrick Sorin. Ils sont traditionnels car ils représentent des scènes de vie (comme celui de G-M Salgé datant de 1939). Ils sont modernes car ils ressemblent aux miniatures de type kawaii (qui veut dire mignon) actuellement très prisées des ados et jeunes adultes.

 

Charles Matton, « L’ombre du peintre », 2002, techniques diverses.

 

 

 

 

 

 

 

Ronan-Jim Sévellec « Les bains d’Asnières », 1999, matériaux divers.

 

 

 

  

 

 

G-M Salgé, « L’or, forêt tropicale », 1939, matériaux divers.

 

 

 

 

Dans un tout autre style, les dioramas de Anselm Kiefer se situent quant à eux à mi-chemin entre le tableau de l’artiste peintre et l’installation du plasticien. Relevant également de la magie du livre d’enfant de type arty-graphique, ses réalisations représentent des forêts pleines de mystère et de poésie.

 

Anselm Kieffer : « Mes dioramas sont des niches pleines de clairières, de forêts, qui découlent les unes des autres et désignent un lointain vaste et vide ».

 

 

 

 

 

Pour rester sur le plan de la poésie, difficile de ne pas présenter dans ce rapide coup d’œil le diorama empreint de douceur et d’étrangeté de Dulce Pinzon.

 

Dulce Pinzon, « Nostalgia » in série « Historias del Paraiso », 2011, photo.

 

 

 

 

 

 

Qu’elles soient réalistes, imaginaires ou dystopiques, c’est par les histoires qu’ils racontent que les dioramas exposés au Palais de Tokyo sont étonnamment modernes, beaucoup plus que par les techniques ou les matériaux utilisés. C’est ce qui donne à notre sens cette impression troublante de remonter dans le temps pour voir le futur… Précisons enfin pour conclure que cette exposition organisée en partenariat entre le Palais de Tokyo et la Schirn Kunsthalle Frankfurt  sera présentée du 6 octobre 2017 au 21 janvier 2018 à Frankfurt en Allemagne.

 

Andrée Muller

 

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