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Le chat, icône espiègle

Posté le 27/11/2018

 

Des œuvres les plus anciennes aux images de street art publiées sur Instagram en passant par la BD, le chat semble devenir au fil des ans une personnalité iconique de moins en moins sulfureuse mais de plus en plus espiègle. Les artistes ont d’abord été séduits par sa double personnalité. L’étonnante exposition virtuelle « Les chats dans l’histoire de l’art » le présente à travers les œuvres d’artistes célèbres à la fois comme un personnage d’un côté doux et câlin et de l’autre cruel et sulfureux. Aujourd’hui cette image duale du chat se retrouve dans différentes créations contemporaines. Avec en plus dans ces dernières une touche d’humanité et d’espièglerie. Voici donc quelques images de ce petit compagnon du créateur vu par des artistes appartenant à des mondes très différents…

Directement visible sur internet via le site the-uma.org (voirici), l’exposition virtuelle « Les chats dans l’histoire de l’art »est née de la collaboration entre l’Universal Museum of Art (uma) et la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais (Rmn-GP). L’idée ? Observer et interpréter la place physique et sociétale occupée tout au long des siècles passés par les chats dans les œuvres des artistes les plus célèbres : « Les chats ont toujours eu une place prépondérante dans l'art, qu'ils soient la pièce centrale de l'œuvre, ou qu'ils soient simplement un élément faisant partie de l'arrière-plan », peut-on lire sur le site du Grand Palais  en introduction à cette étonnante exposition virtuelle. Il faut en effet aller « réellement » voir cette exposition en prenant le temps sur internet de cliquer sur chacune des œuvres présentées, de les regarder en plein écran, de zoomer sur les détails, d’en lire les commentaires… 

 

Un fabuleux voyage artistique. Cette exposition virtuelle réunit sur le thème du chat quelques 75 œuvres (de l’Egypte antique à aujourd’hui) appartenant à différents musées nationaux et internationaux. Nous en avons sélectionné quelques-unes seulement, celles qui nous paraissaient les plus emblématiques de l’évolution de la place du chat dans l’histoire de l’art. Mais toutes s’y rapportent bien sûr. Et toutes sont présentées accompagnées d’un texte qui les situe chacune à la fois dans leur propre contexte historique et dans ce fil rouge de l’évolution de la représentation du chat dans l’histoire de l’art… 

 

Caliari Paolo, dit Véronèse : « Les Noces de Cana », 1563, huile sur toile, 666 x 900 cm. Paris, musée du Louvre. © ADAGP / Hervé Lewandowski. 

Peintre vénitien de la Renaissance, il forme avec le Titien et le Tintoret « le triumvirat des plus célèbres peintres de cette époque. Véronèse est le maître des couleurs et des trompe-l’œil (…) » Où est le chat ? Au premier plan de cette immense toile qui est l’une des plus grandes de l’histoire de la peinture. « Le chat se contorsionne au sol, absorbé dans sa propre danse alors qu’il se fait les griffes sur une amphore d’argent (…) Sur l’amphore à laquelle s’attaque le chat, est gravé un satyre, symbole de l’ivresse et de l’infidélité (…) Encore une fois, le chat est du côté du vice… » (voir ici l’intégralité du commentaire).

 

 

Edouard Manet : « Olympia », 1863, huile sur toile, 130 x 190 cm. Musée du Luxembourg, 1890. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda.

Avec des œuvres jugées sulfureuses par ses concitoyens, et donc exclues des expositions officielles, Edouard Manet (1832-1883) est reconnu aujourd’hui comme l’un des peintres majeurs du XIXe siècle et l’un des plus importants précurseurs de la peinture moderne.Où est le chat ? A l’extrémité droite du lit d’Olympia, se détachant à peine du fond sombre de la toile. « Il est sans doute le chat le plus célèbre de la peinture occidentale ! Symbole de la sexualité débridée de la courtisane ? Ou présence affectueuse, de la même façon que la Vénus d’Urbino, dont le tableau s’inspire, avait à ses pieds un petit chien ? La queue du chat s’élève en point d’interrogation : depuis deux siècles, la question reste sans réponse… » (voir ici l’intégralité du commentaire).

 

 

Balthus : « Thérèse rêvant », 1938, huile sur toile, 150 x 130 cm. New York, The Metropolitan Museum of Art. © ADAGP / Hervé Lewandowski. 

Pour le peintre français d’origine polonaise Balthasar Klossowski de Rola (1908-2001), dit Balthus, le chat est un sujet récurrent. A 11 ans, il publie son premier livre de dessins, Mitsou, qu’il consacre à son chat. Notons toutefois que le tableau présenté ci-contre a récemment fait l’objet d’une pétition pour être retiré du MET à New York du fait de son caractère pédophile : (…) « Les personnages(la jeune fille et le chat) sont à la fois proches et distants, tous deux absorbés par leur propre existence ; mais c’est aussi leur proximité physique, lourde de symboles, qui donne son caractère scandaleux au tableau » (voir icil’intégralité du commentaire).

 

Suzanne Valadon « Portrait de miss Lily Walton », 1922, huile sur toile, 100 x 81 cm. Limoges, musée des Beaux-Arts. © RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle. 

D’abord modèle pour des peintres comme Renoir ou Toulouse-Lautrec, Suzanne Valadon (1865-1938) a été acrobate de cirque avant de devenir artiste peintre : « Cette parfaite scène d’intérieur de classe moyenne est illuminée par les iris dorés de Raminou, le chat de la famille, qui regarde directement le spectateur » (voir icil’intégralité du commentaire). Les portraits de ce « chat câlin » qui apparaît sur la scène artistique à partir du XVIIIe siècle, en particulier en Angleterre, se multiplient à la fin du XIXe siècle.

 

 

Du chat câlin au chat philosophe. Dans une toute autre perspective, l’un des plus célèbres chats de la BD contemporaine est certainement « Le chat du Rabbin » de  Joann Sfar.  Ne dérogeant pas à la représentation duale qu’en ont fait les artistes des siècles passés, ce chat philosophe et sage observe notre société d’un œil à la fois curieux et distant. Ce qui, d’ailleurs, lui permet d’émettre moult hypothèses sur le passé, le présent et le futur de l’humanité. Bien que dans un style totalement différent, le chat de  Philippe Geluck, porte lui aussi ce même regard à la fois contemplatif et critique sur le monde. Dans ce rapide panorama des chats rebelles d’aujourd’hui, M. Chat de Thoma Vuille occupe une place à part, du fait en particulier de sa popularité sur les réseaux sociaux (voir ici  son compte sur Instagram). Street artist franco-suisse, Thoma Vuille a dessiné son premier chat jaune-orange au large sourire en 1997 à Orléans. Personnage emblématique, M. Chat a depuis fait le tour du monde.

 

Joann Sfar : « Le chat du Rabbin », série de 8 albums publiés en janvier 2002 pour le premier « La Bar-Mitsva » et en septembre 2018 pour le huitième, « Petit panier aux amandes », tous édités par Dargaud, Paris. 

C’est l’histoire d’un chat, celui d’un rabbin d’Alger au début du XXe siècle, qui parle et raconte lui-même la façon dont il perçoit les êtres humains qui l’entourent. Il ne manquera pas d'observer avec un regard critique les comportements, les errements et les défauts de son entourage.

 

 

 

Philippe Geluck : « Le Chat », Les albums du Chat-1, nouvelle édition en couleurs du tout premier "Chat", Casterman, Paris 2017, 22,6 X 30,4 cm, 48 pages. 

Anti-héros gris aux oreilles pointues et au gros nez, ce chat qui tient debout est vêtu comme un homme et affiche des comportements humains. Le Chat apparaît pour la première fois dans les pages du journal « Le Soir » le mardi 22 mars 1983. Il a fait depuis l’objet d’une bonne cinquantaine d’albums dans lesquels il s'adresse directement aux lecteurs, prend des positions politiques et défend des idées humanistes faussement naïves.

 

 

 

Thomas Vuille : une page du « Livre M. Chat », paru le 25 mars 2010 et réimprimé le 15 avril 2011, 21 X 21 cm, 144 pages quadri, broché avec rabat, 27 €.

Présentation de l’édieur, editionsalternatives.com : « Monsieur Chat est le nom d’un graffiti chat, apparu à Orléans, puis à Paris et d’autres capitales européennes depuis 2001. Ce graffiti apparaît le plus souvent sur des cheminées, mais a été vu dans d’autres endroits et sur différents supports, par exemple sur un des tramways de la ville de Sarajevo. Il est aussi apparu dans des manifestations populaires ou politiques (…) »

 

 

 

 

Chat miroir, chat câlin ou chat espiègle ? Une chose est sûre : de l’exposition virtuelle de l’Universal Museum of Art aux multiples réalisations d’artistes contemporains visibles sur les réseaux sociaux, le chat et l’écran font aujourd’hui bon ménage !

 

Andrée Muller

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