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L’art urbain pour sauver la planète

Posté le 24/06/2019

 

L’intérêt et la curiosité suscités par notre article de la semaine dernière, « A quoi ressemblent les animaux dans l’art d'aujourd’hui ? », nous ont poussé à publier un deuxième épisode de cette série consacrée aux animaux imaginés par les artistes d’aujourd’hui. Davantage orientés vers l’univers de l’art urbain, les nouveaux animaux de cette semaine semblent vouloir clamer haut et fort qu’il est encore possible de réconcilier les humains avec leur environnement, et avec eux même… Visite guidée !

 

Bien que le « no future » soit encore un marquage de l’art urbain, la défense de la planète semble devenir aujourd’hui l’un des thèmes préférés de bon nombre d’artistes des villes. Leur idée ? Magnifier la nature en la dessinant, en particulier à travers les animaux, sur les murs des maisons, des vieux immeubles ou des friches industrielles. Leur objectif ?  Provoquer auprès des passants la conscience écologique la plus large possible afin d’agir contre les abus de la société de consommation. De l’utilisation de matériaux de récupération au mélange des cultures et des pays, ces artistes urbains militent en faveur d’une planète propre, sans frontières et capable de préserver sa biodiversité. Ils s’intéressent à toutes les espèces vivantes en danger, y compris celle des humains...

 

Cette peinture a été réalisée par Dege Graffeur sur le mur d’une friche industrielle réaménagée en lieu d’expression dans le 11earrondissement à Paris (rue des Trois Couronnes). L’idée ? Dénoncer l’extermination des singes en Afrique, tués gratuitement pour récolter l’huile de palme. D’où le code barre noir et gris qui apparaît sur le fond du dessin : « La sphère derrière les singes qui s’embrassent représente la terre, explique Dege. Elle n’est pas bleue mais rose afin d’évoquer l’amour, cela pour rappeler que les animaux aussi s’aiment »...  Artiste urbain français, Dege Graffeur est originaire de Puy-en-Velay en Auvergne et habite actuellement à Marseille. 

 

 

 

Images du lieu d’accueil du Collectif des 3 Couronnes qui regroupe autour d’un projet d’aménagement de friches urbaines des riverains du quartier et des personnes issues du monde associatif, social et artistique dont en particulier l’association Le Mur des 3 Couronnes : « Chaque mois, un artiste Muraliste est invité à venir réaliser une fresque sur la façade de la Friche, sur le thème de l'entraide, l'environnement, le mal logement et l'habitat (…) », indiquent les responsable de l’Association sur leur page facebook. C’est dans ce cadre que Dege a réalisé le mois dernier sa fresque aux singes qui s’embrassent. Elle était visible en façade du Mur jusqu’en début juin.

 

 

 

 

Bordalo II : Plastic Fox (210 X 190 x 50 cm), assemblage de déchets plastiques, 2018 - présenté par la galerie Mathgoth dans le cadre de l'exposition Bordalo II - Accord de Paris qui s’est tenue du 26 janvier au 2 mars 2019 (voir ici le catalogue de l'exposition). Né à Lisbonne en 1987 et petit-fils du peintre Real Bordalo,  Bordalo II (segundo) utilise des objets cassés ou jetés pour créer des animaux aux allures décontractées. Son objectif ? Attirer l'attention sur les problèmes de gaspillage, de surconsommation, de production de déchets, de matériaux non réutilisés… et in fine, accuser la pollution et ses effets sur la planète : « L'idée est de représenter la nature, dans ce cas-ci des animaux, à partir des matériaux responsables de leur destruction », écrit Bordalo II sur son site web en présentation de ses trash animals (voir ici). Pare-chocs de voitures endommagés, poubelles brûlées, pneus et appareils ménagers abandonnés… La plupart de ces matériaux se trouvent dans des friches, des usines abandonnées, ou sont récupérés auprès d’entreprises de recyclage.

 

Ludo : fresque réalisée sur la façade du magasin Citadium (situé à proximité de la gare Saint Lazare à Paris). Visible du 1er au 14 avril 2019, cette fresque était présentée au public dans le cadre des hors murs du salon Urban Art Fair sur le thème « Nature & Destruction, l’homme en tant qu’animal social». Photographe, peintre, dessinateur, sculpteur… Ludovic Vernhet est né en 1976 à Paris et a étudié l’art à Milan. Adolescent taggeur, il s’intéressera plus tard au collage, qui deviendra sa marque de fabrique dès 2007. Mouches, papillons, abeilles sous masques à gaz... Ludo donne vie à d’étranges insectes protéiformes dont le fil rouge est la couleur vert acide qui caractérise sa patte d’artiste. Cherchant à sensibiliser les passants sur la fragilité du règne des humains sur leur environnement, cet artiste parisien trace sans cesse des ponts entre la nature et le développement technologique de nos sociétés.

 

 

Laurence Vallières :Woodstock / 2019, sculpture en carton vernis, 100 cm  présentée au salon Urban Art Fair Paris-2019 par la galerie dédiée au street art Loft 34Née à Québec en 1986, Laurence Vallières  sculpte dans du carton des animaux grand format aux expressions humaines. Archétype de l’artiste urbaine internationale, elle a étudié les arts visuels à l’Université Concordia à Montréal au Canada, puis a suivi un programme d’échange à Los Angeles aux Etats-Unis pour approfondir ses connaissances en céramique, a complété ensuite ses études en résidence d’artiste en Russie… Adoptant les codes du street-art, elle utilise le carton car c’est un matériau qui se trouve en abondance dans les rues n’importe où dans le monde. Le carton présente de plus l’avantage dans son travail de sculpture grand format d’évoquer l’éphémère et la fragilité de la nature. Caricatures humoristiques de nos comportements humains, les animaux de Laurence Vallières questionnent tout autant le politique que le social et l’environnemental.

 

 

Laurence Vallières, Dege Graffeur, Bordalo II ou encore Ludo ne sont pas, bien sûr, les seuls artistes urbains à transformer leurs animaux en militants de la cause écologique. Bien d’autres artistes contemporains contribuent à ce renouveau de l’art urbain, qui se caractérise de plus en plus en conséquence par la diversité des approches et des styles artistiques.

 

Andrée Muller

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