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L’art au cœur des étoiles

Posté le 20/02/2018

 

La lune, les planètes et les galaxies semblent vouloir occuper le devant de la scène artistique : des météorites peints ou sculptés exposés au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris à la rétrospective de photos de l’espace à la galerie Gadcollection en passant par le travail de Thomas Lamadieu qui peint le ciel vu de la ville ou dans un tout autre style l’apesanteur selon José Galant ou encore la planète Pluton d’après Min Jung-Yeon, l’engouement actuel du monde artistique pour tout ce qui touche à l’espace est en effet particulièrement frappant. Petit voyage artistique au cœur des étoiles… 

 

Dessins, photos, peintures, sculptures… nous avons réuni ici différentes réalisations d’artistes se rapportant à l’espace et aux planètes actuellement exposées dans des musées, des galeries, ou encore tout simplement postées sur internet. Difficile toutefois de déterminer la raison de cet engouement pour l’espace de la part d’artistes, de galeristes ou de responsables de musées venant d’horizons très différents. Appel de l’infini ? Besoin d’évasion ?... Quelle qu’en soit la raison, le fait est que, coup sur coup, le mariage de l’art et de l’espace se retrouve en plusieurs lieux, sans liens spécifiques a priori.

 

En direct de l’univers. La galerie parisienne Gadcollection présente actuellement sous le nom de « Deep Space » une rétrospective de photographies consacrées à l’astronomie. L’idée ? Allier art et science en présentant les pionniers de l’astrophotographies, discipline ainsi définie par les responsables de la galerie : « Dès 1870 l’astronome Hervé Faye la préfère au dessin. La fin du XIXème et le XXème siècle voient donc l’astrophotographie supplanter les autres médiums de représentation. C’est d’ailleurs à partir d’une photographie qu’en 1923 Hubble détermina la taille de l’univers ». L’exposition présente une trentaine de photos datant du siècle dernier.

 

Deep Space, « Constellation de la chevelure de Bérénice » - Circa 1910.

 

 

 

 

 

 

 

Zoom sur la planète Pluton. « Le lettre de Pluton », tel est le nom de l’exposition présentée par la Galerie Maria Lund (vernissage le 6 mars de 18h à 21h en présence de l’artiste) consacrée au travail de l’artiste Min Jung-Yeon. Née en 1979 à Gwangju en République de Corée, elle vit et travaille actuellement à ParisC’est pour exprimer les notions de divergence de points de vue, de perte, de réconciliation et d’intégration des différences que Min Jung-Yeon a focalisé son travail autour de la planète Pluton, planète exclue dusystème solaire en 2006 et reléguée au rang de « planète naine » en raison de ses masse et volume trop faibles, ainsi que de sa trajectoire « déviante ».

 

 

Min Jung-Yeon :  Gaia 1 - 19 x 23 cm - encre de Chine et crayon de couleur sur papier - 2018. 

 

 

 

 

 

Renouveler le mystère. Sous le titre « autres pierres, autres regards », l’exposition « Météorites - entre ciel et terre » montée au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris (jusqu’au 10 juin 2018) présente quant à elle les réalisations d’une petite dizaine d’artistes (Evariste Richer, Laurent Grasso, Alexandra Roussopoulos, Judith Espinas, Martin Mc Nulty, Pratchaya Phinthong, Simon Boudvin, Vera Pagava). Peintures, photographies, sculptures… Chacun donne sa vision du mystère inspiré par ces pierres venues de l’espace.

 

 

Evariste Richer (1969) : « Le Météore, 2016 » - tirage jet d’encre sur fine art baryté, 31 x23 cm.

 

 

 

 

 

Animer le ciel. Pour Thomas Lamadieu, son art - le Sky Art - consiste à « jouer avec les formes pour pouvoir faire vivre le vide ». Particulièrement remarquable, le travail de cet artiste français est fondé en grande partie sur l’imaginaire : « Ma démarche artistique a pour but de montrer une autre perception de l'architecture urbaine et de l'environnement quotidien qui nous entoure.De pouvoir inventer avec une imagination sans limite ce que le ciel peut nous montrer entre quatre rues ». L’idée ? Dessiner sur des photos prises à la verticale dans des rues étroites ou des cours d’immeubles d’étranges personnages à la place du ciel. Le résultat ? Il peuple le ciel de créatures extraordinaires !

 

Thomas Lamadieu : capture d’écran effectuée à partir de son site web.

 

 

 

 

 

 

 

Donner libre cours à l’imaginaire. Dans un style associant surréalisme et images du temps passé, les toiles du peintre José Galant font penser aux BD de type « heroic fantasy ». Mélangeant histoire, science-fiction et imaginaire, il raconte sur ses toiles des histoires où les personnages et les objets (parfois totalement insolites) semblent vouloir se perdre à l’infini dans l’espace-temps.

 

 

José Galant : « Mirador dodecaédrico a un dodecaedro en la fruta de la vida » - peinture - 31,5 H x 19,7W x 1,2 in (image de droite) ; et « Mirador hexaédrico a un cubo en la fruta de la vida » - peinture - 31,5 H x 19,7W x 1,2 in (image de gauche).

 

 

 

 

 

Des météorites aux personnages de José Galant flottant dans l’espace, ce serait évidemment bien artificiel de vouloir tirer un fil rouge. On peut toutefois se demander si cette envie d’espace de la part des acteurs de l’art n’est pas liée à une mondialisation de plus en plus effective. Sans faire appel de façon explicite à la notion de « village mondial », il est certain qu’internet de façon générale, et plus spécifiquement les réseaux sociaux (Tumblr, Instagram,…) et les galeries d’art électroniques (KazoArt, Artmajeur,…) ont donné la possibilité à des tendances aux signaux faibles de se faire entendre. Si on était dans le monde du marketing et de la publicité, on pourrait dire que l’espace est devenu cette année l’un des thèmes porteurs du marché … Rendez-vous dans un an…

 

Andrée Muller

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