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Dessins et découvertes à DDessinParis

Posté le 08/04/2019

 

Des réalités élargies de Yoon Ji-Eun au monde dérangeant d’Alice Gauthier en passant par les paysages imaginaires de Baudouin Colignon, l’expressionisme de Clothilde Anty et la richesse des couleurs de Nada Matta… La 7eédition du salon DDessinParis était l’occasion le mois dernier de découvrir de nombreuses œuvres souvent encore trop peu connues. Très dissemblables les unes des autres, ces œuvres partagent néanmoins une caractéristique commune : marier sur un seul dessin autant les différentes techniques que les supports utilisés, et même parfois plusieurs sources d’inspiration entre elles. Présentations…

Consacré au dessin avant-gardiste, la 7eédition du salon DDessin qui s’est tenue le mois dernier à l’Atelier Richelieu à Paris (ancienne imprimerie du magazine l’Illustration) a pleinement rempli son objectif de mise en lumière d’une « jeune scène artistique travaillant le dessin sous toutes ses formes ». Du prix DDessin2019 emporté par l'artiste coréenne Yoon Ji-Eun aux dessins de Nada Matta et Clothilde Anty présentés dans le cadre de la pépinière d’artistes du salon en passant par l’étonnant mariage du numérique et du crayon de Baudouin Colignon ou encore les étranges apparitions d’Alice Gauthier, c’est en effet à une fête de la diversité et de l’inattendu à laquelle nous a convié la vingtaine de galeries d’art exposantes. 

 

Les réalités élargies de Yoon Ji-Eun. Présentés par la galerie Maria Lund, les tableaux de cette jeune artiste coréenne évoquent autant les réalités visibles qu’intimes. Associant le rêve au tangible, Yoon Ji-Eun dessine (sur bois ou sur papier) des paysages où émotions, projections et représentations concrètes se mélangent pour créer des œuvres à la fois harmonieuses et poétiques.

 

 

Yoon Ji-Eun : « Présent », 86,5 cm x 74 cm, crayon, crayons de couleur, acrylique, sculpture sur bois, 2018. Lauréate du prix DDessin2019 / Institut français de Saint-Louis du Sénégal, Yoon Ji-Eun qui est née en 1982 en République de Corée, vit et travaille à Paris depuis 2007. Diplômée de l’université de Séoul en 2003 (licence d’arts plastiques, section gravure) et de l’ENSBA de Paris en 2005, elle expose régulièrement en Europe et dans son pays natal depuis plus de dix ans.

 

 

 

 

L’expressionisme de Clothilde Anty. Née en 1987 à Angoulême, cette jeune artiste diplômée de la Haute Ecole des Arts du Rhin de Strasbourg en 2011 (peinture/dessin) vit et travaille à Strasbourg. Dessinés sur papier aussi bien au crayon qu’à l’aquarelle ou à l’encre, ses personnages sont toujours stylisés, et parfois seulement évoqués. Intéressée par la relation aux autres, et à soi-même, Clothilde Anty est également auteure : elle a publié en 2013 un double recueil (comprenant un livre de poèmes et un livre de dessin) ainsi que « Quête », ouvrage qui « emporte le lecteur dans un univers épuré, sur les traces d'un personnage différent, qui ne sait qui il est, ni où il va. Il avance… » précise-t-elle sur son site web (voir ici).

 

 

Clothilde Anty : « Who do you think you are », 2017, aquarelle sur papier artisanal, 42 cm x 30 cm, courtesy de l’artiste et DDessinParis. La première exposition personnelle de Clothilde Anty, « Being and Time » à la Gedok Galerie de Stuttgart (Allemagne), date de 2017. Et c’est cette année pour la première fois qu’elle présente ses œuvres au salon DDessinParis.

 

 

 

 

 

La richesse des couleurs de Nada Matta. Diplômée de l’ATEP Paris (Arts et Techniques d’Environnement Publicitaire), cette artiste libanaise née en 1968 travaille entre la France et le Liban. Auteure, peintre et illustratrice, ses dessins réalisés à l’acrylique, à l’encre de Chine et pour certains à la feuille d’or, expriment la pureté et la complexité autant de la nature que de la petite enfance. Nada Matta a également publié deux albums illustrés, Batistou et Petite Pépite aux éditions MéMo (voir ici). Ce dernier a remporté le Prix Sorcières en 2017 dans la catégorie albums.

 

 

Nada Matta : « Equilibre », 2018, encre de chine, acrylique et feuille d’or sur papier coton, 50 cm x 70 cm, courtesy de l’artiste et DDessinParis. Dessin à gauche sur la photo ci-contre montrant une partie de son travail présenté dans l’espace de la pépinière d’artistes du salon. Nada Matta a exposé en 2013 et 2017 dans le cadre des Parcours d’artistes à Metz (France) et à la galerie 392 RMEIL 393 à Beyrouth (Liban) en 2017.

 

 

 

 

Les paysages imaginaires de Baudouin Colignon. Travaillant aujourd’hui entre Paris et la Grèce, cet artiste peintre et graveur associe le dessin à la plume, l’encre de Chine et le lavis au pinceau japonais avec la photo, la vidéo et l’image numérique. La démarche de création de Baudouin Colignon est en effet quelque peu originale : il dessine à la craie sur les rochers des rivages grecs des silhouettes humaines, les photographie et les retravaille ensuite à la fois en numérique et au crayon dans son atelier. Le résultat ? Des paysages imaginaires étranges où rochers et humains semblent flotter dans les airs.

 

 

 

Baudouin Colignon : dessins de la série « Rochequivole » présentés par le Salon H dans le cadre d’un dispositif alliant dessins, images numériques et vidéos conçu pour DDessin. A l’origine land-artiste, Baudouin Colignon a exposé en France, en Grèce, en Italie et en Belgique. 

 

 

 

 

 

Le monde dérangeant d’Alice Gauthier. Née à Paris en 1989, cette diplômée du Royal College of Art de Londres (section Beaux-Arts en 2014) et de l’École Nationale des Arts Décoratifs de Strasbourg en 2012, a reçu le Prix du Perfectionnement aux Métiers d’Art de la Ville de Paris en 2016. Alice Gauthier dessine au crayon, au marqueur et à l’encre sur du papier et parfois en même temps aussi sur du polyester des éléments microscopiques, des bio organismes, des personnages qui se fondent les uns dans les autres. Elle s’intéresse depuis peu aux montagnes, à la mer, aux icebergs à qui elle confère des caractéristiques humaines.

 

 

 

Alice Gauthier : « Ils ne sont pas venus finalement », 2017, encre et crayon de couleur sur papier noir, 50 cm x 66 cm, présenté par H Gallery.  Alice Gauthier a participé de nombreuses expositions à Londres, Liverpool, Vienne, Las Vegas et Paris. Vivant et travaillant actuellement à Paris, elle est représentée par H Gallery, qui prévoit de lui consacrer une exposition personnelle en juin et juillet prochain.

 

 

 

 

Craie, mine de plomb, encre de Chine, acrylique, feuille d’or, gravure, images numériques… le dessin avant-gardiste semble vouloir se caractériser avant tout par le mélange des genres. Pas d’exclusive. Outre la pratique du multi technique, leurs créatrices et créateurs n’ont pas peur des mariages inattendus : la craie avec l’image numérique, le papier avec le polyester, le dessin avec l’écrit, le rêve avec la réalité…

 

Andrée Muller

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