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Art et société

Posté le 09/03/2020

 

L’incertitude de l’absence avec Virginie Mézan de Malartic, le poids du passé avec Petros Moris, le tempo de la musique avec Agathe Toman, la noirceur de la ville avec Luc Dartois… Ces différents artistes contemporains donnent vie, chacun dans son propre univers et selon sa propre sensibilité, aux principales caractéristiques sociétales de notre monde d’aujourd’hui. Se situant entre réalité et imaginaire, figuratif et abstraction, ces artistes font de la société actuelle un champ d’investigation quasi infini. Présentations… 

 

Au-delà de leurs différences d’approche, de style et de sensibilité, ces artistes contemporains qui donnent à voir (au sens propre du terme) leur conception personnelle du monde d’aujourd’hui partagent un point commun : leurs œuvres « parlent » d’elles-mêmes. Il suffit de les regarder pour ressentir l’émotion dont les ont dotées leurs créatrices ou créateurs… Preuve par 4

 

L’harmonie de la musique par Agathe Toman. Artiste peintre et dessinatrice contemporaine née en 1989, Agathe Toman vit entre Biarritz et Paris. Cette française, autrichienne et tchèque comme elle se définit elle-même, a d’abord exercé le métier de styliste au sein de maisons de coutures avant de se concentrer exclusivement à la création artistique. Ses outils de création ? Le noir et le blanc d’un côté, le stylo Bic, la peinture acrylique et plus rarement la feuille d’or de l’autre. C’est par la vibration de ses dessins qu’elle traduit ses émotions, et donne une visibilité poétique à sa perception du monde. 

 

Agathe Toman : « Misses », Stylo Bic noir sur Velin d’Arches (120 x 160 cm). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le poids du passé par Petros Moris. La galerie Lily Robert vient de présenter, « Future Bestiary », première exposition personnelle de Petros Moris à Paris qui symbolise l’idée que conscience du passé et prévision du futur obéissent aux mêmes lois. Basé à Athène, Petros Moris a associé la géologie et le numérique pour construire ces sculptures d’animaux mythiques auxquelles il a adjoint des images portant des vœux pieux, des inquiétudes environnementales, des craintes sociétales... Construites avec du marbre en provenance de carrières grecques, il a créé ces sculptures à partir d’images photogrammétriques d’objets funéraires du site archéologique de Kerameikos qu’il a lui-même réalisées. 

 

Petros Moris : « Sphynx » in « Future Bestiary », l’exposition présentée à Paris par la galerie Lily Robert du 20 janvier au 7 mars dernier (source : Lily Robert Instagram ).

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vertige de l’absence par Virginie Mézan de Malartic. Avec leur mise en scène théâtrale et leur jeu d’ombre et de lumière, les toiles de Virginie Mézan de Malartic évoquent le vide de l’absence. Jouant sur les ombres et les lumières, elle travaille les contrastes comme une matière en soi et fait des ambiances les sujets essentiels de scènes de vie où l’attente est omniprésente. Son idée ? Raconter dans ses toiles le début d’une histoire et laisser à chacune et chacun le soin d’en trouver la suite. Pour évoquer de façon picturale ce vide qui doit laisser à chacun sa liberté d’imagination, elle peaufine l’équilibre entre fluide et épais, ombre et lumière. 

 

 

Virginie Mézan de Malartic : « 105 faubourg St Honoré »,  huile sur toile, 116 x 81cm, exposée au salon parisien art3f, 2017. 

 

 

 

 

 

 

 

La noirceur de la ville par Luc Dartois. Artiste peintre né à Paris en 1970, Luc Dartois a fait disparaître la présence humaine dans ses toiles depuis une vingtaine d’années. Son travail reflète un monde qui ne croit plus en son avenir, qui est incapable de résoudre ses propres contradictions et d'agir face à une crise climatique dont il est lui-même à l'origine. Multitechniques et multimatières ses tableaux peuvent être sculptés, gravés, assemblés, collés, projetés… : « Dans une toile il y a au moins autant, et même plus de techniques, qu'il n'y a de matières différentes ».

 

 

Luc Dartois : « Nulle part », matières sur toile (60 X 95 cm), tableau exposé au Salon d’Automne 2019.

 

 

 

 

 

 

 

 

De la noirceur de la ville au poids du passé en passant par le vertige de l’absence et le tempo de la musique, ces différentes représentations du monde d’aujourd’hui vont de pair avec la mixité des techniques, et plus globalement avec le décloisonnement des disciplines artistiques auquel on assiste actuellement.

 

Andrée Muller

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